| Birmanie: Rêves Sous Surveillance |
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| 13-05-2009 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]() Le projet « Birmanie, rêves sous surveillance » est né en 2003 au sein de l’association Les yeux dans le monde avec ce désir de mieux comprendre et faire connaître la situation politique et sociale en Birmanie par le biais d’évènements culturels et d’un travail photographique. ![]() Deux des membres de l’association, Manon Ott & Grégory Cohen, se sont rendus en Birmanie à de nombreuses reprises entre 2003 et 2007 et ont travaillé sur la frontière birmano-thaïlandaise où se situent les camps de réfugiés birmans. Sur place, ils ont rencontré intellectuels, commerçants, moines, ou travailleurs migrants qui leur ont livré leur histoire. Des histoires ordinaires, des histoires de résistance. Plus tard, ils ont été rejoints par le dessinateur Mathieu Flammarion (militant d'Info Birmanie), venu prolonger le travail photographique au travers de collages et d’illustrations. ![]() ![]() ![]() PEOPLE’S DESIRE De grands panneaux rouges se fondent dans les décors urbains. L’armée y a fait inscrire la volonté du peuple birman. Ces phrases surprenantes réapparaissent en première page de chaque publication, avant la projection d’un film et dans les journaux. Aucune parution n’échappe à l’obligation de les mentionner. Derrière le décor féerique du « pays aux milles pagodes » se cache une réalité plus sinistre, une atmosphère pesante comme celle des nuits qui s’emparent de la ville. Dans la rue, les positions des corps au travail, celles de corps assoupis, en errance, expriment autre chose. Peut-être racontent-ils en silence ce que d’autres osent murmurer à l’oreille d’un étranger qui s’attarde un peu. La situation économique s’empire d’année en année. L’écart se fait de plus en plus grand entre le niveau de vie de la majorité de la population et celui des membres de l’armée et de leurs proches.
Avec quinze noms de plumes différents et un recours constant aux figures de style, Ludu Sein Win multiplie les subterfuges pour contourner la censure. Il refuse de céder à la peur, mais il admet que ce sont parfois ses libertés les plus « intimes » qui lui échappent. « Ils voudraient même contrôler nos pensées ». Propagande, surveillance et censure font partie de l’ordinaire des Birmans. Mais au-delà, c’est aussi contre l’absurdité, que les auteurs sont contraints de se battre. Tableau interdit pour avoir utilisé de manière excessive la couleur rouge, condamnation à sept ans de prison des Frères Moustache pour avoir ironisé sur la corruption des forces de l’ordre au cours d’un spectacle. Par ces mesures coercitives, la junte espère décourager tout esprit de dissidence. Pourtant, à y regarder de plus près, entre les lignes ou en privé, un certain nombre d’attitudes et d’actions sont l’expression d’un non-conformisme politique. Aussi épars et anodins qu’ils puissent sembler, ces comportements n’en sont pas moins des signes de courage et d’insoumission. Le signe que, peu à peu, la dictature se fissure.
ENTRE SURVIE ET GUERILLA En s’éloignant des grandes villes de la plaine centrale, les routes ponctuées de check-points, mènent dans les États Arakanais, Chin, Kachin, Shan, Môn, Karenni ou Karen. Une grande partie de ces régions reste interdite d’accès aux étrangers et classée « zones dangereuses » par la junte. L’histoire de la Birmanie est depuis longtemps tributaire d’une grande diversité ethnique et culturelle. Plusieurs régions périphériques sont encore le lieu de conflits armés, comme celui qui oppose l’armée birmane et les rebelles karens. Ces derniers se battent depuis près de 60 ans dans l’espoir de libérer leur peuple du joug de l’armée birmane et continuent de s’accrocher au rêve de construire un Etat indépendant, Kaw Thoo Lei. Toutefois, les civils sont les premières victimes de ces conflits. La junte militaire birmane essaye d’assoire sa légitimité en s’affichant comme seule garante du maintien de l’ordre et de l’unité du pays. Ses tentatives d’acculturation vont de pair avec la persécution des minorités ethniques et religieuses. Les mesures répressives que la junte emploie contre les minorités qui résistent au processus de birmanisation sont donc relayées par une propagande construite autour d’une idéologie d’ « unité nationale ». Au nom de celle-ci, la langue et la culture birmane sont imposées par la force. Le travail forcé est encore couramment utilisé pour réaménager les routes et d’autres infrastructures. Lorsqu’un changement de régime s’opérera en Birmanie, la question de l’entente entre les différentes minorités ethniques, constituera un enjeu majeur.
![]() Pour plus d'informations : www.projet-birmanie.com |
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| Dernière mise à jour : ( 16-07-2009 ) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Birmanie: Rêves Sous Surveillance 

























































