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Après
une semaine d'espoirs déçus de voir libérer
l'opposante birmane Aung San Suu Kyi et une série de
signaux négatifs venant de Rangoun, les analystes s'inquiétaient
du chemin que prenait la junte alors qu'elle a promis une
démocratisation.
La semaine écoulée a été
une immense déception pour ceux qui espéraient
encore que la Birmanie confirme son engagement à lancer
un processus de réelle ouverture politique en mai,
après quatre décennies de pouvoir militaire
absolu.
Dimanche, Mme Suu Kyi était toujours,
de même que son adjoint Tin Oo, en résidence
surveillée alors que beaucoup avaient espéré
leur libération après le nouvel an célébré
le 17 avril en Birmanie.
Autre signe inquiétant, Rangoun a demandé
le report de la 2e réunion, prévue le 29 et
30 avril, du "processus de Bangkok" au sein duquel
une quinzaine de pays européens et asiatiques, dont
la Birmanie, réfléchissent à une démocratisation
dans ce pays.
Enfin, le ton des déclarations de la
junte et de la Ligue nationale pour la démocratie (LND)
--parti de Mme Suu Kyi-- s'est nettement durci.
La question était ouverte quant à
la volonté de Rangoun de réellement lancer une
démocratisation avec une convention nationale ouvrant
le 17 mai et chargée de rédiger une Constitution
mais dont les contours restent très flous.
"Les nouvelles ne sont pas bonnes, on
a l'impression qu'on fait marche arrière", commentait
un diplomate joint à Rangoun, "on est dans une
phase pessimiste".
"Tout est très confus, très
contradictoire", notait une source proche de processus
de réconciliation nationale, "tout peut arriver,
mais il y a tout de même beaucoup de signaux négatifs",
ajoutait-elle, expliquant que la libération prochaine
de Mme Suu Kyi était elle aussi mise en doute.
Confinée dans sa résidence de
l'avenue de l'Université, l'opposante s'apprêtait
à entamer son 12e mois de privation de liberté,
alors que la LND avait espéré le 19 avril sa
libération dans "un jour ou deux".
La Thaïlande a par ailleurs annoncé
que Rangoun avait demandé le report de la réunion
du processus de Bangkok, ses responsables étant "occupés"
par la préparation de la convention.
"Ils auraient vraiment intérêt
à expliquer leur position" à la communauté
internationale, note le diplomate, "mais visiblement
ils ne veulent pas le faire".
Enfin les analystes politiques se sont alarmés
du ton polémique des dernières déclarations
de la LND et de la junte.
La Ligue a durement critiqué les conditions
dans lesquelles est préparée la convention nationale
qui doit réunir gouvernement, partis politiques et
minorités ethniques et qui semble ressembler comme
deux gouttes d'eau à une précédente convention
qui avait échoué en 1996.
"Les conditions ne sont pas favorables
à des discussions ouvertes et libres", a accusé
la LND, ajoutant que si la nouvelle convention est la même
que la précédente elle "sera obligée
de la quitter".
Le général Thein Sein, chargé
de la préparation de la convention, a rétorqué
que celle-ci se tiendrait sur le même modèle
que la précédente et serait "basée
sur les mêmes six objectifs".
Le sixième objectif est le maintien
d'un rôle dirigeant de l'armée quelque soit le
scénario, "pas tout à fait un geste de
conciliation", ironise un autre diplomate.
"Comment voulez-vous que les mêmes
causes ne produisent pas les mêmes effets?" s'interroge
le premier diplomate alors que la LND avait claqué
la porte de la première convention, la jugeant non-démocratique.
La junte se condamne à une parodie
de convention si elle n'y associe pas l'opposition. Outre
la LND, des partis ethniques comme le Parti Mon, la LND Shan
et la KIO des Kachins ont indiqué qu'ils ne souhaitaient
pas participer à une convention qui serait une copie
conforme de la précédente.
La junte "ne veut pas qu'on lui dicte
quoi que ce soit. Tout indique qu'ils vont aller de l'avant
avec leur convention nationale", estime un analyste birman.
Source: AFP, 25 avril 2004

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