Ouverture à Hanoï du sommet Asie-Europe

AFP, 08 octobre 2004 - 06h08

HANOI, 8 oct (AFP) - Le cinquième sommet Asie-Europe (Asem) s'est ouvert officiellement vendredi matin à Hanoï, au lendemain de l'admission dans le forum de treize nouveaux membres dont la Birmanie, très critiquée par les Européens pour ses violations des droits de l'homme.

Les chefs d'Etat et de gouvernement asiatiques (Chine, Japon, Corée du Sud et les dix pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est) rencontrent pour la première fois leurs homologues de l'Union européenne à 25.

Si plusieurs responsables européens manquent à l'appel, signe d'un intérêt inégal pour le forum sur le Vieux Continent, la quasi-totalité des poids-lourds de l'Asie sont présents dans l'espoir de redonner de la vigueur aux relations entre les deux blocs.

"Nous attendons du sommet de Hanoï un engagement fort de l'Asem pour une coopération multilatérale renforcée et une meilleure prise en compte du rôle central des Nations unies", a déclaré le président vietnamien Tran Duc Luong lors de son discours d'ouverture.

Les tensions internationales, la situation en Irak et la Corée du Nord devraient dominer les débats de la première session qui s'est ouverte vendredi matin peu après la cérémonie d'ouverture.

Le terrorisme, qui a frappé depuis un an sur les deux continents, sera aussi au coeur des discussions.

"La terreur est dirigée contre les valeurs et idéaux de la société libre, contre notre liberté individuelle. Nous devons combattre le terrorisme, sans hésitation, sans faiblesse. Mais aussi sans compromettre les valeurs de la société ouverte", a estimé le ministre des Affaires étrangères danois, Per Stig Moller.

Mais les Etats européens vont aussi soulever de nouveau la question birmane.

L'UE avait exigé le mois dernier de la junte militaire une série de mesures, notamment la libération du Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, toujours en résidence surveillée près d'un an et demi après son arrestation.

Les Européens avaient fixé au régime birman la date butoir du sommet d'Hanoï pour obtempérer. Jeudi, ils ont pris acte du statu quo et indiqué leur décision de durcir les sanctions à l'égard du régime de Rangoun.

Depuis le précédent sommet de Copenhague en 2002, "nous avons démontré notre capacité à régler les différentes questions telles que l'élargissement de l'Asem, en particulier les droits de l'Homme et les développements récents en Birmanie", a relevé le président de la Commission européenne Romano Prodi.

L'après-midi de vendredi devrait être moins polémique, consacrée à la coopération économique dans le contexte de la mondialisation, ainsi qu'à certains thèmes spécifiques tels que l'impact de la crise de l'énergie ou les défis de l'environnement.

Samedi, les responsables se rencontreront une dernière fois autour de la coopération culturelle avant d'adopter des déclarations officielles.


AFP, 08 octobre 2004 - 14h16

L'Asem évoque la lutte contre le terrorisme et réfléchit à son avenir (PAPIER
GENERAL)

HANOI, 8 oct (AFP) - Les chefs d'Etat et de gouvernement du sommet Asie-Europe (Asem) ont tenté vendredi à Hanoï de bâtir un avenir au forum en évoquant le renforcement de la coopération inter-continentale, son possible élargissement et surtout sa plus grande efficacité.

Après avoir admis jeudi soir treize nouveaux membres, les pays de l'Asem ont
débattu vendredi des grandes menaces qui pèsent sur la planète, en particulier la situation en Irak, le terrorisme international et les armes de destruction massive.

L'entrée dans les années à venir, au sein du forum, de puissances régionales telles que l'Inde, le Pakistan ou la Russie a aussi été débattue. "Nous avons évoqué l'avenir de l'Asem et il y a eu un débat sur l'élargissement ou non, l'approfondissement ou non", a indiqué le président français Jacques Chirac.

Comme le laissait supposer la violente polémique sur la Birmanie ces derniers
jours, la question de la violation des droits de l'homme par la junte au pouvoir à Rangoun a été au cœur des discussions.

Jeudi, l'Union européenne avait promis de renforcer les sanctions à son égard. "Il y a sans aucun doute une pression très forte de l'ensemble des pays de l'Asem pour obtenir qu'un processus de réconciliation nationale soit conduit à son terme", a ajouté le président français.

"Les décisions sur l'élargissement de l'Asem ont montré que nous ne partageons pas toujours le même point de vue sur tous les sujets", a estimé le Premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Junker, en parlant au nom de l'UE.

"J'espère et je suis convaincu que l'Asem émergera plus forte et plus mature", a-t-il ajouté.

Mais un consensus s'est en revanche dégagé entre les 39 participants (38 pays et la Commission européenne), lorsqu'a été évoquée le terrorisme, la gestion des grandes crises mondiales et le rôle des Nations unies.

"Les responsables se sont mis d'accord sur le fait que les Nations unies doivent jouer un rôle dans la préservation de la paix internationale et de la sécurité", ont estimé les pays membres dans un communiqué.

"Les Nations unies, y compris le Conseil de sécurité, doivent être réformées pour mener à bien cette noble cause", ont-ils ajouté reprenant une cause chère notamment au Japon et à l'Allemagne.

Pour les participants, l'essentiel aujourd'hui est bien de faire entendre une voie forte et multilatérale.

"Nous avons toujours souligné l'importance de la coopération contre le terrorisme. La plupart des intervenants ont spécifiquement souligné le rôle croissant des Nations unies dans la gestion de ce problème", a indiqué aux journalistes le président de la Commission européenne, Romano Prodi.

"Nous ne sommes pas un organe de prise de décision. C'est un échange de vues, mais représentant 40 % de la population mondiale, je crois que cet échange aura des conséquences".

"En combattant le terrorisme, nous devrions toujours regarder l'autre côté et respecter les droits de l'homme. En d'autres termes, nous ne devrions pas combattre le terrorisme avec les mêmes armes que celles utilisées par les terroristes", a estimé de son côté le ministre hollandais des Affaires étrangères.

"Cela n'a bien sûr rien à voir avec le fait que la guerre contre la terreur est menée par les Etats-Unis. Je pense que les Etats-Unis partagent aussi l'opinion que c'est un problème mondial, que nous devons travailler ensemble", a-t-il ajouté.

Le sommet doit s'achever samedi après une dernière session consacrée à la diversité culturelle.

 

AFP, 09 octobre 2004 - 6h56

Le sommet de l'Asem s'achève sans accord sur la question birmane

HANOI, 9 oct (AFP) - Le cinquième sommet Asie-Europe (Asem) s'est achevé samedi en fin de matinée à Hanoï sur la volonté commune des pays membres de voir les Nations unies diriger la lutte contre le terrorisme, mais sans aboutir à une position claire sur la Birmanie.

Selon plusieurs sources diplomatiques, le communiqué final des 25 pays de l'Union européenne et des treize nations asiatiques devrait demander à la junte au pouvoir à Rangoun une libéralisation de la vie politique, sans toutefois mentionner explicitement la situation de Aung San Suu Kyi.

Jeudi, l'UE a annoncé qu'elle durcirait les sanctions la semaine prochaine à l'égard du régime de Rangoun qui maintient en résidence surveillée la prix Nobel de la paix.

Mais la querelle entre Asiatiques et Européens sur la meilleure façon de faire avancer le dossier, qui avait déjà failli faire capoter le sommet lui-même, n'a apparemment pas été réglée.

Jeudi soir notamment, le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi avait ainsi mis en doute l'utilité des sanctions européennes.

"Nous espérons qu'à travers sa participation à l'Asem, la Birmanie réalisera la nécessité de la démocratie dans le pays", avait-il déclaré à ses partenaires.

Mais "l'opinion du Japon est qu'appliquer des sanctions n'entraînera pas forcément de bons résultats pour la démocratisation de ce pays", avait-il ajouté, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Une belle unanimité a en revanche été atteinte sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité des Nations unies, afin de voir l'organisation assumer pleinement son rôle de responsable dans la lutte contre le terrorisme international.

"Les Nations unies doivent jouer le rôle phare dans la préservation de la paix et de la sécurité internationale", ont-ils déclaré dans un appel à peine voilé aux Etats-Unis.

"Les Nations unies, y compris le Conseil de sécurité, doivent être réformées pour mener à bien cette noble cause", ont-ils ajouté.

Une déclaration finale devrait aussi souligner la nécessité d'une meilleure coopération économique entre les deux continents.

Le prochain sommet de l'Asem aura lieu à Helsinki, en 2006.

 

AFP, 09 octobre 2004 - 11h03

Européens et Asiatiques ont évité la confrontation directe sur la Birmanie

HANOI, 9 oct (AFP) - L'Europe et l'Asie ont soigneusement évité à Hanoï une confrontation directe sur le processus de démocratisation en Birmanie, en adoptant samedi une déclaration en apparence consensuelle dans laquelle n'est pas évoquée directement le cas de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

La déclaration finale publiée à l'issue du sommet de l'Asem ne mentionne pas la tête de file de l'opposition birmane, en résidence surveillée depuis près d'un an et demi, et "prends note" des informations fournies par Rangoun lors de discussions à huis-clos.

Les responsables "ont encouragé les protagonistes dans le pays à travailler ensemble pour assurer une issue positive au processus de réconciliation", indique-t-elle.

La Convention nationale lancée par la junte de Rangoun doit être "un forum pour un véritable débat", ajoute-t-elle, en réclamant la "levée des restrictions imposées aux partis politiques".

Une déclaration manifestement très en-deçà des menaces proférées jeudi par l'Union européenne (UE), qui avait indiqué qu'elle allait durcir les sanctions contre la Birmanie faute d'avoir constaté de réels progrès en matière de démocratisation.

Mais les Européens s'appliquaient samedi à nier toute reculade face à leurs partenaires asiatiques.

"Les Birmans étaient présents aux discussions et ils ont compris l'importance de la pression internationale qui pèse sur eux", a estimé Romano Prodi, président de la Commission européenne. "Je pense que cette pression collective est très importante pour trouver une solution".

Les divergences entre les deux blocs, qui s'opposent sur le cas birman depuis plusieurs années et ont failli ne pas se rencontrer à Hanoï à cause de cette querelle, ont semblé obséder le sommet de l'Asem.

"L'opinion du Japon est qu'appliquer des sanctions n'entraînera pas forcément de bons résultats pour la démocratisation de ce pays", avait déclaré vendredi le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi.

"Tous les leaders espèrent que la Birmanie mettra en oeuvre sa feuille de route en sept points vers la démocratie", a renchérit le Premier ministre vietnamien Phan Van Khai. "Mais nous devons respecter le principe d'égalité et de non-ingérence dans les affaires de chacun".

A Bruxelles, les 25 adopteront certainement de nouveau un ton nettement plus ferme à l'égard de la junte. Mais il convenait à Hanoï d'adopter un langage commun aux deux continents.

"Ce n'est pas une question qui a éclipsé les autres sujets", a assuré le Premier ministre malaisien, Abdullah Ahmad Badawi. "Pour la première fois, la Birmanie reçoit ses commentaires directement de ses amis européens. Avant, elle les recevaient par notre intermédiaire".

Les divergences sont réelles, a admis de son côté le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, représentant l'UE. "Mais nous pensons que nos différences ne signifient pas que nous ayons des intérêts généraux opposés".


   
 
     
   
 
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