Cambodge Soir, 20 septembre 2004
Le ministre des Affaires Etrangères
birman Win Aung et le vice-ministre Khin Maung Win ont été
" mis à la retraite " dans le cadre d'un
remaniement qui a vu le départ de deux autres ministres,
a annoncé samedi la télévision d'Etat.
Ce remaniement intervient alors que le régime militaire
birman, isolé de la communauté des nations
et frappé par des sanctions trés pénalisantes
des Etats-Unis et de l'Union européenne qui ne lui
ménagent pas leurs critiques sur ses violations des
droits de l'Homme, s'apprête à affronter plusieurs
échéances internationales.
Win Aung aurait dû se rendre à New York devant
l'Assemblée générale des Nations Unies
et faire partie des dirigeants appelés à prononcer
un discours à la tribune de l'ONU à partir
de la semaine prochaine.
Son nom avait été aussi cité pour
représenter la Birmanie au prochain sommet Europe-Asie
(ASEM) à Hanoi les 8 et 9 octobre, les Européens
ayant refusé de s'asseoir à la même
table que le Premier ministre du régime militaire,
le général Khin Nyunt, alors que l'opposante
Aung San Suu Kyi est toujours en résidence surveillée.
L'ASEAN avait apparemment trouvé cette formule acceptable.
Mais la Birmanie n'avait pas encore annoncé si elle
acceptait de se faire représenter par son chef de
la diplomatie et la " retraite " forcée
de son ministre pourrait être un début de réponse.
Le numéro deux des Affaires Etrangères, Khin
Maung Win, a lui aussi été " autorisé
à partir à la retraite ", selon la formule
consacrée, sans qu'auncune explication ne soit fournie.
Les deux hommes ont été remplacés
par des responsables venant de l'Armée et qui n'ont
aucune expérience du gouvernement, notent les experts.
Le général Nyan Win devient ministre des Affaires
Etrangères même s'il n'a jamais occupé
de fonctions civiles. Le colonel Maung Myint devient vice-ministre.
Le remplacement de deux diplomates par des militaires totalement
inexpérimentés montre, pour certains analystes,
le peu de cas que fait Rangoun de ses relations avec la
communauté internationale.
Ce remaniement semble davantage destiné, soulignent-ils,
à permettre au numéro un de la junte, le généralissime
Tan Shwe, de consolider encore son pouvoir. Tan Shwe passe
pour être le plus opposé à une démocratisation
parmi les hauts dirigeants birmans.
Win Aung et Khin Maung Win " étaient des gens
avec qui on avait coutume de dialoguer " a déclaré
un analyste occidental à Rangoun. " Win Aung
avait quelque expérience de l'international et était
plutôt considéré comme favorable au
dialogue " politique en Birmanie. L'analyste a aussi
jugé
" assez surprenant " ce remaniement : "il
y avait des rumeurs sur (une refonte des) renseignements
militaires, mais pas des Affaires Etrangères ",
a-t-il ajouté. Ce remaniement a aussi vu le départ
en retraite du ministre de l'Agriculture Nyunt Tin, et de
celui des Transports, le général Hla
Myint Swe.