Cambodge Soir - 22 octobre 2004
Les discussions que la junte birmane devait avoir avec
les rebelles karens, seule grande minorité ethnique
à ne pas avoir signé d'accord de cessz-le-feu
avec Rangoun, ont été annulées en raison
de la chute du Premier Ministre Khin Nyunt, a-t-on appris
jeudi de source karen. La délégation de 16
membres de l'Union nationale Karen (KNU) devait rentrer
d'ici à vendredi dans sa base à la frontière
birmano-thaie, après avoir été informée
que la junte n'était pas disposée à
discuter à la suite du départ de Khin Nyunt,
a déclaré un porte-parole de la KNU, Nierdah
Mya.
D'obédience chrétienne, la KNU est l'une
des plus vieilles guérillas du monde et le plus grand
des groupes ethniques n'ayant pas encore déposé
les armes en Birmanie. La KNU a démenti des rumeurs
qui avaient circulé à Rangoun mercredi selon
lesquelles les membres de sa délégation avaient
été placés en résidence surveillée.
Des rapports non confirmés de Rangoun ont même
indiqué que les négociateurs karen avaient
déjà quitté la capitale. Khin Nyunt
a été arrêté et assigné
à résidence après avoir été
accusé de corruption, a annoncé mardi le gouvernement
thailandais, avant que la Birmanie n'évoque son départ
pour " raisons de santé ". Il a été
l'artisan au fil des années d'accords de cessez-le-feu
avec 17 groupes ethniques insurgés, sauf les Karens
qui n'ont toujours pas déposé les armes.SPAN>
Sa brutale révocation laisse redouter que le régime
birman puisse désormais adopter une attitude plus
ferme à l'égard des minorités qui représentent
environ un tiers des 50 millions de Birmans. La KNU devait
rencontrer les négociateurs de la junte lundi. "
Les discussions n'ont pas eu lieu parce que le gouvernement
a des problèmes politiques ", a déclaré
Nierdah Mya, interrogé de Mae Sot, à la frontière.
" Ils ont demandé à la KNU de repartir
parce qu'ils n'étaient pas prêts à parler.
La junte et la KNU étaient convenues d'un cessez-le-feu
provisoire en janvier, suspendant des hostilités
qui ont démarré il y a plus de 50 ans.
Une réunion en février n'avait pas permis
de réel progrès et les deux parties avaient
convenu de prolonger l'accord informel de paix en août.
Les discussions de cette semaine devaient porter sur le
retrait de troupes des deux côtés, la délimitation
du territoire karen, et le sort de quelque 200 000 déplacés
en raison des décennies de combats.