La Malaisie tente de persuader les généraux birmans d'arrondir les angles

 

Une brève de l'agence Bernama nous informe des relations France-Malaisie en vue de la préparation de la visite officielle du Premier ministre Malais. Dans une réunion préparatoire, la Birmanie est demeurée le point crucial en vue de l'organisation du prochain sommet ASEM en octobre à Hanoi.

Officiellement : L'Union Européenne a fait savoir qu'elle n'accepterait pas la présence de la Birmanie, et quelques pays de l'ASEAN ont réagi en prétextant qu'ils n'accepteraient pas de représentation des 10 nouveaux Etats membres de l'UE. Un imbroglio diplomatique est né, et les généraux birmans en sont les responsables.La présence d'une représentation officielle de la junte au pouvoir en Birmanie fait planer la menace d'une annulation ou d'un report du sommet ASEM, si les autorités birmanes ne manifestent aucun signe de détente en faisant, comme le réclame l'Union Européenne, lever l'assignation à résidence des responsables de la Ligue Nationale pour la Démocratie.

Dans cette dépêche, nous apprenons donc que l'ambassadrice de la Malaisie en poste en France a déclaré "Nous espérons que les autorités du Myanmar vont se relâcher et entreprendre quelque chose en rapport aux demandes formulées par l'Union Européenne" et "cela nous facilitera la tâche pour soutenir l'inclusion de la Birmanie".

Au delà de cette brève de l'Agence malaise, commentons cette nouvelle :

La chronologie des complicités d'intérêts économiques franco-malaises en Birmanie forme une synthèse qu'Info Birmanie tentera prochainement d'exaucer.

En tout état de cause, il est évident que les propos tenus par l'ambassadrice à l'aune de la visite officielle du dauphin de Mahathir semblent venir en contrepoint de la récente visite officielle d'une semaine en Chine du Lieutenant Général Khin Nyunt (rebaptisé Premier Ministre l'an dernier), à l'invitation du Premier Ministre Chinois. Ainsi, en quelques semaines les principaux acteurs se sont coordonnés, en vue de la légitimation du pouvoir militaire birman ?

Depuis le début des années 90, la junte birmane a constamment joue d'un mouvement de balancier entre des signes de détente et d'inclusion dans la sphère d'influence occidentale par l'intégration régionale (notamment ASEAN), en contrebalançant systématiquement par des signes de durcissement féroces sous la bienveillance de la camaraderie chinoise et d'une coopération à toute épreuve. Depuis trop longtemps, on observe l'impossible équation de "l'engagement constructif" opposée aux sanctions disparates. Depuis trop longtemps, le pouvoir militaire sait défendre ses intérêts et continuent inlassablement de pacifier le pays d'une main de fer, au point aujourd'hui d'avoir fait croire que la feuille de route avait pour but la démocratisation du pays.

A ce sujet, Mahathir, l'ancien président malais avait déclaré la bouche en cœur que les Birmans ne seraient pas suffisamment disciplinés pour la démocratie, ou plutôt que les Birmans avaient besoin d'une démocratie disciplinée, bref, que la discipline, valeur intrinsèque des militaires, n'était pas suffisamment répandue en Birmanie, de quoi se poser des questions sur l'efficacité du SPDC, non ?

La période qui s'est ouverte depuis le massacre du 30 mai 2003, et la tentative d'assassinat de Madame Aung San Suu Kyi est l'exemple type des turpitudes perpétuelles et de l'art de la falsification mystificatrice propre au régime birman depuis 1988. Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Madame Aung San Suu Kyi et des membres de son parti.

Espérons que le pragmatisme hollandais à l'œuvre a la présidence de l'UE saura trouver les solutions pour dénouer les problèmes relatifs a la tenue de la prochaine rencontre UE-ASEAN. Mais n'oublions pas les Birmans !

Farid GHEHIOUECHE


   
 
     
   
 
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