Tribune éditoriale
D'une étincelle et de la flamme
jaillit la lumière...
Alors que la situation en Birmanie est pratiquement absente
des préoccupations des colonnes internationales de la
presse française, nous espérions que le soixantième
anniversaire de Madame Aung San Suu Kyi soulèverait un
tollé totalement justifié et pourtant...
Le combat qu'elle mène pour la démocratie suscite
souvent l'admiration.
Cependant, il ne réveille pas le courage au sein des
diplomaties du monde entier. Reste l'opinion publique qui doit
démontrer son intérêt face à une
succession d'événements médiatiques combinés
à une règle d'or en journalisme : « le nombre
de morts par kilomètre ».
Le témoignage de Madame
Lucie Aubrac est éclairant en ce sens que « l'information
est la meilleure arme contre l'oppression » et Info
Birmanie s'enorgueillit d'avoir su trouver cette « voix
» pour exprimer l'opinion de tous les citoyens français
le 19 juin, alors qu'Aung San Suu Kyi, seule, isolée
du reste du monde et de ses compatriotes passait sa 3523ème
journée en détention.
Même en décembre
dernier, lorsque des vagues meurtrières causaient la
disparition de centaines de milliers de vies dans le golfe
du Bengale, la Birmanie gardait ses secrets et figurait en
transparence sur les cartes décrivant le désastre.
La crise humanitaire en Birmanie,
comme la crise économique, sociale et politique sont
autant de sujets qui
devraient attirer l'attention,
surtout à l'occasion d'une négociation serrée
entre les pays voisins de la Birmanie, dans l'optique de la
présidence de l'ASEAN en 2006.
Mais là encore, mieux
vaut un grand silence...
Le 19 juin, Info Birmanie a pris
part à de nombreuses initiatives internationales pour
célébrer l'anniversaire de la lauréate
du prix Nobel de la Paix assignée à résidence.
Lors d'une rencontre avec un exilé birman, nous apprenions
que la population birmane est exsangue et qu'il suffirait d'une
étincelle pour que se produise une succession d'événements
en chaîne, sans connaître l'issue pour la Birmanie.
Une « étincelle ».
Alors que le pays est mis à
feu et à sang depuis plus de quarante ans par une junte
militaire, il subsiste en Birmanie l'espoir d'une étincelle
qui rallumerait la flamme de la démocratie. Or cette
flamme, cette lueur, si mince et si fragile au fond du puits,
c'est Aung San Suu Kyi qui l'incarne.
Début juillet, le collectif « TOTAL pollue la démocratie
– Stoppons le TOTALitarisme en Birmanie » a rendu
public un rapport qui synthétise les griefs pour demander
le retrait de la multinationale française de Birmanie.
Il est disponible sur le site de la FIDH en anglais et en français,
et sur simple demande à Info Birmanie pour la version
papier.
http://www.fidh.org/_template/2005/Total%20Burma/
De septembre à décembre prochain, Info Birmanie
et ses partenaires associatifs vous donnent rendez-vous dans
plusieurs villes de France, en Belgique et en Suisse, pour faire
connaître précisément l'état catastrophique
de la Birmanie et la caution morale et financière que
TOTAL apporte au régime dictatorial birman.
Nous vous recommandons chaudement la lecture de ce brûlot
cet été, qui ne vous brûlera pas les doigts
mais vous rafraîchira la mémoire et vous permettra
même sur votre lieu de villégiature de vous adonner
à un sport nouveau : le militantisme vacancier... et
si vous souhaitez pousser l'expérience de l'écran
total, nous vous conseillons la lecture d'un livre romancé
« les petits généraux de Yadana »
écrit par le journaliste Thierry Falise...
Car suite aux négociations
entre les avocats d'UNOCAL (le partenaire américain)
avec les plaignants birmans pour ce qui concerne le règlement
à l'amiable des deux procédures en cours aux
USA, la Belgique vient de jeter l'éponge.
Triste justice belge, qui, d'un
grand projet de loi de compétence universelle, aura
abouti au rejet de la poursuite de l'instruction de la plainte
déposée par des plaignants birmans réfugiés
en Belgique.
Peut-être que « l'étincelle »
pourrait bien être le produit de la dernière
procédure en cours, en France, et il faut espérer
que l'instruction rebondira après la trêve estivale.
Rendez-vous en septembre pour
rallumer la mèche pour qu'enfin la Birmanie sorte des
ténèbres.
L'équipe d'Info Birmanie
Revue de presse chronologique et thématique
– Juin 2004
Par Carole Veisseire
Sources : BI Weekly, the
Burmanet News, Irrawaddy Alert, The Burma Issues Newsletter, Burma News (Euro-Burma Office),
Kaowao News, Weekly Diary
La junte militaire birmane
(IPS) Fin mai, Maung Aye a été dégradé
officiellement en raison de la promotion de Shwe Mann au
même rang hiérarchique que lui. L’armée
est dorénavant commandée par deux généraux :
Shwe Mann en charge du Nord de la Birmanie pendant que Maung
Aye reste le chef du Sud du pays. Ces changements annoncent
avec quasi certitude de voir le proches de Maung Aye être
remplacés par les loyalistes de Than Shwe.
22 juin :
(AP) Selon le journal The New Light of Myanmar, le premier
ministre birman Soe Win aurait été promu au rang
de général.
24 juin : (Democratic
Voice of Burma) La Birmanie réorganise les renseignements
militaires : nouveau personnel dans 12 commandements militaires.
L’Asean et la présidence birmane en 2006
1er
juin : (Deutsche Presse-Agentur) Par la voix de son
ministre des Affaires étrangères, le gouvernement
philippin exprime de nouveau sa volonté de ne pas voir
les relations ASEAN se détériorer davantage par
la controverse sur la présidence de cette institution
par la Birmanie en 2006. D'ici juillet, les généraux
doivent annoncer leur décision, comme l'a formulé
l'ASEAN lors de son dernier sommet.
- (AP) Les députés indonésiens
viennent de voter une recommandation invitant le gouvernement
indonésien à renoncer à participer aux
réunions de l'ASEAN si la Birmanie des généraux
préside.
2 juin :
(AFP) Un groupe parlementaire inter-ASEAN, réuni
à Singapour, annonce qu'il demande à la junte
de renoncer à la présidence de l'ASEAN tant
que les reformes démocratiques nécessaires ne
sont pas mises en place.
9 juin : (The Nation) Les ministres de l’Asean
expriment leur désir de voir la Birmanie abandonner la
présidence de l’association régionale en
2006. Le ministre des Affaires étrangères
malaisien, Syed Hamid Albar, déclare que l’Asean
respecte la souveraineté birmane et son droit de prendre
ses propres décisions, mais que c’est aussi le
droit de l’association d’informer la junte des sentiments
de chaque pays composant l’association.
17 juin : Le caucus inter-parlementaire
de l’Asean pour la démocratie en Birmanie (AIPMC),
regroupant depuis novembre 2004 des députés d’Indonésie,
des Philippines, de Singapour et de Thaïlande, lance un
site Internet (www.aseanmp.org) et une pétition
pour la libération d’Aung San Suu Kyi.
19 juin : 60ème
anniversaire d’Aung San Suu Kyi, toujours assignée
à résidence, privée de liberté,
et ce depuis le mois de mai 2003. Manifestations près
des ambassades birmanes et cartes de voeux sur toute la planète
marquent cet anniversaire. Environ 400 personnes, dont des membres
de la NLD et des diplomates étrangers, se sont réunis
à Rangoon.
-
(DVB) Des tracts sont distribués en son honneur dans
la capitale près du marché Sanpya par des jeunes
-
(DVB )Des moines bouddhistes sont tenus par les autorités
locales de pas prendre part aux célébrations en
l’honneur de l’anniversaire d’Aung San Suu
Kyi et de refuser les invitations de la NLD.
-
Lors de son concert à Dublin dans le cadre de sa tournée
européenne, le groupe de musique américain REM
a chanté une chanson en l’honneur d’Aung
San Suu Kyi, qui fut retransmise en direct sur la chaîne
satellite de la DVB.
-
(The Irish News) L’Irlande déclare qu’elle
n’établira aucun lien diplomatique avec la Birmanie
tant qu’Aung San Suu Kyi n’est pas libre.
20 juin :
Les Philippines devraient prendre la présidence de l’Asean
en 2006 si la Birmanie décidait d’y renoncer.
Procès de Khin Nyunt
12 juin :
(AP) Le ministre de l’Intérieur,
le général Maung Oo, déclare que l’ancien
Premier ministre Khin Nyunt, arrêté l’année
dernière pour corruption et insubordination, n’a
pas été transféré à la prison
Insein et reste en résidence surveillée.
14 juin : (AFP) Ouverture par la cour suprême
du procès de l’ancien Premier ministre et chef
des renseignements militaires, le Lieutenant Général
Khin Nyunt. En avril, une quarantaine de membres de son
entourage ont été condamnés à des
peines de prison ferme allant de 20 à 100 ans. Deux ex-Brigadiers
Général, Than Tun, officier de liaison de la junte
militaire, et Thein Swe, chef des relations extérieures
du Military Intelligence, ont essuyé les peines les plus
lourdes, tandis que le fils et Sonny Swe, ancien directeur du
Myanmar Times ont été condamnés à
quatorze ans de prison. La veille, l’énonciation
du verdict du procès des deux fils de Khin Nyunt, a été
différée sans aucune explication.
Les attentats à la bombe du 7 mai à Rangoon
10 juin :
(SEAPS News) Selon le Bangkok Post, Rangoon serait,
depuis les attentats à la bombe survenue début
mai, « une ville en état de siège ».
L’accès à Internet a été encore
restreint, des détecteurs de métaux ont été
installés dans les centres commerciaux et les hôtels
et des barrages ont été érigés sur
chacune des rues amenant à la capitale, ceci sur un rayon
de 30 km. Plus de 600 militants pro-démocratiques et
étudiants auraient été arrêtés
depuis ces attentats à la bombe.
12 juin :
(AP) Le ministre de l’Intérieur birman, le général
Maung Oo, déclare lors d’une conférence
de presse, que le nombre de morts liés aux attentats
du 7 mai est passé de 19 à 23. 21 personnes sont
encore soignés à l’hôpital. Il ajouté
qu’aucune arrestation de suspects n’a eu lieu et
qu’aucune action n’a été menée
pour forcer le désarmement des minorités.
21 juin :
Les ONG déclarent souffrir des tensions en Birmanie depuis
les attentats à la bombe à Rangoon début
mai. La junte a renforcé les restrictions et la pression
à l’égard des ong ce qui jugule leurs
activités : difficultés pour se rendre dans
les zones sensibles et pour démarrer de nouveaux projets.
Le 60ème anniversaire d’Aung San Suu
Kyi
6 juin :
(Communiqué de presse) Le Président
Josep Borrell a ouvert la séance du parlement européen
par une déclaration sur la situation en Birmanie. Il
a rappelé la détention, depuis 3500 jours, de
Aung San Suu Kyi lauréate du Prix Sakharov en 1991,
et a rappelé qu’il est important que le parlement condamne fermement le régime
birman qui viole systématiquement les droits de l’Homme.
10 juin :
(The Guardian)
Dans le cadre de la campagne internationale pour le soixantième
anniversaire d’Aung San Suu Kyi, une délégation
de huit femmes anglaises, dont l’actrice Prunella Scales,
la comédienne Jo Brand, la rédactrice du magazine
Marie Claire et la députée Labour, Vera Baird,
appellent Tony Blair à exercer davantage de pression
en faveur de la libération de Aung San Suu Kyi et de
tous les prisonniers politiques. Selon ce groupe, les importations
birmanes ont triplé depuis l’arrivée de
Tony Blair au pouvoir en 1997.
14 juin :
(AFP) « L'opposante birmane Aung
San Suu Kyi, privée de liberté depuis deux ans,
pourrait être relâchée en début d'année
prochaine », a déclaré le ministre
thaïlandais des Affaires étrangères, Kantathi
Suphamongkhon. « La junte doit réunir à
nouveau en novembre une convention nationale destinée
à rédiger le projet de nouvelle Loi fondamentale,
ce qui devrait être terminé en début d'année
prochaine », a rappelé le chef de la diplomatie.
Bangkok avait déjà prédit la libération
de Mme Suu Kyi début 2004, ce qui n'avait finalement
pas eu lieu.
- La Grande-Bretagne demande à la junte militaire de libérer
Aung San Suu Kyi, en qualifiant le comportement de la junte d’«
indéfendable ».
16 juin : (AP) La police malaisienne
détient 68 Birmans suite à une manifestation de
protestation devant l’ambassade birmane pour demander
la libération d’Aung San Suu Kyi.
17 juin :
Lettre ouverte des prix Nobel de la paix à Aung San
Suu Kyi
Pour
tenter de la sortir de l'isolement, les lauréats du prix
Nobel de la paix appellent à lever son assignation à
résidence et à libérer les « 1 700
prisonniers politiques » qui croupissent dans les
geôles birmanes.
23 juin : (Communiqué
de presse) Les Verts européens pour la démocratie
en Birmanie : Les Verts saluent à l’occasion
de son soixantième anniversaire Mme Aung San Suu
Kyi, demandent sa libération inconditionnelle et immédiate
et celle de tous les prisonniers politiques, d’opinion
et de conscience en Birmanie.
24 juin :
(AVI) Malgré les bonnes relations
qu'entretiennent le Cambodge avec la Birmanie, deux officiels
importants du gouvernement cambodgien ont soutenu Mme Aung San
Suu Kyi : Il n'y a aucune raison" pour détenir Mme
Aung San Suu kyi, a déclaré aux journalistes,
M. Om Yengtieng, président de la Commission des droits
de l’Homme relevant du gouvernement cambodgien et conseiller
du Premier ministre Hun Sen. Le porte-parole du gouvernement
et le ministre de l’Information du Cambodge, Khieu Kanharith,
a souhaité que la Birmanie règle ce problème.
28 juin : (Irrawaddy)
68 activistes birmanes, incluant 3 femmes, arrêtés
à Kuala Lumpur à la suite d’une manifestation
non autorisée appellant à la libération
d’Aung San Suu Kyi, ont été accusés
selon leurs avocats à 5 ans d’emprisonnement, à
une amende de 10 00 Ringgit (2,600 dollars).
La
Ligue Nationale pour la Démocratie
26 mai :
sept membres
de la NLD vivant dans l’Etat d’Arakan ont été
arrêtés par l’armée birmane dans le
cadre des attentats du 7 mai.
6
juin : (Irrawaddy) Condamnation
de Kyaw San, député NLD élu
en 1990 président du parti pour la ville de Tantase,
à 7 ans de prison pour activité illégale
d’import-export, par le tribunal de la prison d’Insein.
7 juin :
(Irrawaddy, AAPP) : Une équipe de quatre experts
médicaux, dont le Dr Zaw Zaw Oo, conclut dans un rapport que Aung Hlaing
Win, un jeune membre de la NLD âgé
de 30 ans, arrêté le 1er mai et dont
la mort a été annoncée le 10 mai dernier,
est décédé suite à des blessures
graves infligées lors de sessions interrogatoires menées
par les services de renseignements militaires birmans.
10 juin :
(AFP) Un tribunal militaire de Rangoon déclare que le
décès de Aung Hlaing
Win lors de sa détention provisoire
était due à une maladie chronique du foie et ne
découle pas des interrogatoires.
13 juin :
(DVB) 4 membres de la NLD et un activiste pro-démocratique
de Rangoun sont condamnés à la prison à
vie par le tribunal spécial de la prison Insein pour
avoir distribué du matériel considéré
comme illégal, selon les membres de leurs famille :
U Ba Myint, , président de la NLD du quartier d’Ahlon,
U Ba Tint, Ko Aung Myo San, Ko Khin Kyaw, membres du bureau
de la NLD du quartier de Kamayut, et Ko Thet Naing Aung. Ils
sont détenus depuis décembre 2004 et leurs familles
demeurent dans l’impossibilité de leur rendre visite.
15
juin : L’appel déposé
la veille par deux membres du bureau de la NLD des districts
de Shwekyin, U Bo Gyi
et U Pe Tin, détenus à la prison Pegu, est rejeté
par le tribunal local.
23 juin :
(Mizzima) Des officiels de la NLD – Zone libérée,
région ouest annoncent le renvoi de leur président,
le docteur Tint Swe, accusé d’avoir violé
les décisions du comité central et les règles
financières.
L’opposition démocratique birmane
3 juin : (Narinjara News)
Selon un homme politique local, le NUPA, le parti national unifié
d’Arakan, une coalition large de partis révolutionnaires
de l’Etat d’Arakan, s’est scindé en
deux groupes au cours de son 3ème congrès(
du 26 au 30 mai dans la zone frontalière entre le Bangladesh
et la Birmanie). Le premier groupe est maintenant mené
par U Padipru, un chef tribal ; le deuxième groupe
a de son coté pour leader le docteur Khine Maung.
- (Irrawaddy) A la suite des attentats à
la bombe du 7 mai, l’harcèlement des familles de
dissidents et des activistes exilés par les responsables
de la sécurité s’est accentué (ex :
la famille d’Aung Din de la campagne américaine
pour la Birmanie).
Etat Shan
25 mai :
une déclaration commune du SSA-Sud et SSNA annonce que
les deux mouvements armés Shan soutiennent l’établissement
d’un Etat birman fondé sur une union fédérale.
6 juin : (Bangkok Post) L’armée
thaï décide de rapatrier 2 000 civils Shan vers
la Birmanie pour des raisons de sécurité ;
les Shans ne sont pas considérés en Thaïlande
comme des réfugiés fuyant des combats mais comme
des migrants illégaux.
10 juin : (Shan Herald
Agency for News) Selon des sources de l’Etat Shan Nord,
des anciennes unités de l’armée nationale
de l’Etat Shan, qui avaient été forcées
de capituler ces deux derniers mois, ont été autorisées
par la junte à se constituer en milice local. Par ailleurs,
ses chefs peuvent dorénavant mener des affaires commerciales.
13 juin : (Irrawaddy) L’armée nationale
de l’Etat Shan (SSNA) signataire d’un cessez-le-feu
en 1995 avec la junte dément les allégations du
régime selon lesquelles elle aurait fusionné avec
l’Armée Nationale Shan du Sud (SSA-South) du Colonel
Yawd Serk. Selon Sai Win Ngwe, un officier de liaison de la
SSNA à la frontière thaïlandaise, ces déclarations
ont pour but d’accentuer la pression pour la remise des
armes, pour lesquelles la junte a offert 2 millions de Kyats
( environ 2000 dollars) par soldat de la SSNA.
La Thaïlande et les réfugiés birmans
Un
nouveau processus d’enregistrement en Thaïlande
a lieu entre juin et août 2005 pour les travailleurs
migrants de Birmanie, du Laos et du Cambodge, leur permettant
de rester en Thaïlande jusqu’en juin 2006.
13 juin :
(Expadica) Des réfugiés birmans des camps situés
à la frontière birmano-thai (Camp « Ban
Mae La Luang » situé dans la province de Mae
Hong Son – 10 000 personnes) déposent une plainte
auprès du HCR contre l’Ong allemande basé
à Berlin, Malteser Hilfsdienst (MHD), pour leur avoir
assuré des soins médicaux inappropriés.
24 juin :
(Irrawaddy) Deux organisations birmanes de défense
des droits des femmes, le réseau d’action des femmes
Shan (Shan Women’s action network) et la ligue des femmes
de Birmanie (Women’s League of Burma)sont honorées
par la fondation américaine Peter Gruber pour leur travail
d’aide en direction des réfugiés femmes
et enfants qui ont fuit la Birmanie.
29 juin : (Irrawaddy) Plus de 500,000 personnes déplacées
dans l’est de la Birmanie vivent dans des camps relocalisés
ou cachés depuis la fin de l’année 2004,
selon un rapport publié par le conseil norvégien
des réfugiés. La plupart sont d’origine
Karen, Karenni, Shan et Mon.
Les violations des droits de l’Homme en Birmanie
4 juin :
« Du travail forcé en Birmanie »,
intervention orale de l'Organisation Mondiale Contre la
Torture à Genève lors de la conférence
internationale du travail, 93ème session de la commission
de l'application des normes : L'OMCT est alarmée
par l'usage continu du travail forcé en Birmanie, souvent
accompagné de torture et d'autres types de violences
physiques et psychologiques.
6 juin :
L’OIT conclut lors de sa conférence à Genève,
que le régime birman a échoué à
tenir ses engagements d’éliminer le travail forcé
dans son pays.
8 juin :
Un nouveau rapport d’Amnesty
International dénonce les violences
et l’exploitation subies par les travailleurs migrants
en Thaïlande. « Les travailleurs migrants
birmans sont très souvent payés bien en dessous
du salaire minimum thaïlandais ; ils passent leurs
longues journées de travail dans des conditions insalubres
et courent le risque d’être arrêtés
et expulsés arbitrairement », déclare
le rapport. Amnesty a interrogé 115 migrants birmans
en sept endroits de Thaïlande. Les personnes interrogées
travaillaient ou cherchaient du travail dans la pêche,
l’industrie, l’agriculture, le bâtiment, ou
comme journaliers ou domestiques.
9 juin :
(AFP) La junte rejette les conclusions d’un rapport américain
sur les trafics humains qui place la Birmanie parmi les pays
d’Asie sujette le plus à ce type de violations
des droits de l’Homme.
10 juin : (AFP) Selon un nouveau rapport d’Human
Rights Watch, intitulé « They Came and
Destroyed Our Village Again" The Plight of Internally Displaced
Persons in Karen State », l’armée
birmane continue de tuer, violer et réquisitionner les
villageois karen, ce qui les forcent à fuir en masse
leurs villages pour échapper à ces exactions.
Ces déplacements forcés s’expliquent principalement
par des raisons économiques liées aux ressources
naturelles présentes dans cet Etat.
- (Narinjara News) Selon un moine vivant sur les lieux, environ
300 prisonniers sont forcés par les autorités
birmanes depuis le début de l’été
à travailler 12 heures par jour à la construction
d’une route entre Rangoon et Kyauk Pru, ville située
dans l’Etat de l’Arakan. La majorité des
prisonniers viendraient des prisons de Akyab et Kyauk Pru.
16 juin :
Amnesty International a rendu public un rapport condamnant
le système judiciaire birman (détention arbitraire,
non accès à un avocat, mauvais traitements, tortures)
et appelle à la libération des 1 350 prisonniers
politiques que compte la Birmanie et de Aung San Suu Syi.
-
L’OIT appelle à des mesures, et non à des
sanctions, contre la Birmanie en raison de son échec
dans la lutte contre le travail forcé : révision
des investissements étrangers en Birmanie. Une première
résolution similaire avait été votée
en 2000.
23 juin :
(Irrawaddy, Courrier International) La junte birmane accusée
de génocide. Une nouvelle enquête indépendante
dénonce ses crimes à l'encontre de plusieurs minorités
ethniques et alerte la communauté internationale sur
une politique génocidaire :
Le rapport « Dying Live », écrit
par un chercheur anglais spécialiste de la question des
droits de l’Homme, Guy Horton, appelle à ce que
des charges pour génocide soient portées contre
la junte birmane à la cour internationale de justice
de la Haye.
Sanctions
internationales à l’égard de la Birmanie
22 juin : La Chambre des représentants des
Etats-Unis vote à la quasi-unanimité une résolution
renouvelant pour un an l'interdiction de toutes les importations
provenant de Birmanie, estimant que la junte de Rangoun continue
de porter atteinte aux droits de l'Homme. Le pays fait l'objet
de sanctions américaines depuis mai 1997. Elles ont été
renforcées en juillet 2003. Rangoun n'a pris aucune mesure
significative pour restaurer la démocratie et libérer
la dirigeante de l'opposition démocratique, Aung San
Suu Kyi, ont déclaré des parlementaires.
Tourisme
- (Irrawaddy) :
Les attentats à la bombe début mai ont eu pour
conséquence d’affecter la croissance de l’industrie
touristique en Birmanie : baisse des réservations
de vol de 20%, multiplications des annulations dans les hôtels.
La junte table sur 750 000 touristes pour 2005.
Drogues
- (L’Economiste) La plus importante réduction
de la production d'héroïne s’est produit en
Birmanie : de 2.500 tonnes dans les années 90, on
est passé à 400 tonnes en 2004. Mais cette
baisse a été compensée par l’augmentation
de la production de l’amphétamine (drogue synthèse)
destinée principalement aux pays voisins comme la Thaïlande,
mais aussi le Japon.
8 juin :
(Irrawaddy) Selon le porte parole de la UWSA, l’armée
unifiée de l’Etat Wa, la junte birmane a demandé
aux leader de l’UWSA, de reporter la cérémonie
planifiée le 24 juin, durant laquelle ils devaient officiellement
déclarer cette zone « drug-free ». La
junte a promis publiquement que l’opium ne serait plus
produite en Birmanie à la fin de l’année
2005.
12 juin : (AP) Le ministre birman de l’Information,
Brig. Gen. Kyaw Hsan, dément, lors d’une conférence
de presse, toute tension avec la minorité Wa concernant
le report de la cérémonie officielle faisant de
la région Nord de la Birmanie une zone libérée
de la drogue (les cultures d’opium devaient être
brûlées ce jour-là). La cérémonie
a été différée en raison des difficultés
de transport liée à la saison des pluies. Selon
les sources diplomatiques, la cérémonie a été
repoussée à la fin des moussons car la junte n’a
pas appréciée que l’organisation Wa se qualifie
sur les invitations de « gouvernement populaire de l’Etat
Wa »/« People’s government of the
Wa State ». La junte ne veut pas que l’armée
Wa se présente comme une autorité indépendante.
19 juin : L’armée unifiée de
l’Etat Wa a célébré son interdiction
de produire de l’opium sur son territoire qui prend effet
le 30 juin.
26 juin :
(AMI) La Birmanie, deuxième
producteur d'opium au monde, brûle une valeur de 328 millions
de dollars d'opium, d'héroïne, de marijuana et de
méthampéthamines pour affirmer sa volonté
de combattre les stupéfiants, à l'occasion de
la journée mondiale antidrogue. La Birmanie déclare
vouloir éradiquer les cultures de pavot d'ici 2014. En
dépit des programmes de cultures de substitution, plus
de 1,2 million de personnes dépendent encore de la culture
traditionnelle du pavot, notamment dans l'Etat Shan, dans le
triangle d'or à la frontière de la Chine et du
Laos.
HIV-Sida
en Birmanie
Selon le mensuel Flower News Journal, des milliers de
patients birmans atteints du virus du sida ne peuvent accéder
aux traitements anti-viraux en raison de la pénurie de
médicaments ; environ 300 000 Birmans seraient
infectés par le virus du sida.
Conséquences du Tsumani
(AP)
Les officiels thai estiment à 1000 le nombre de migrants
birmans morts lors du Tsumani. Le groupe d’action du Tsumani,
une ong qui aide les travailleurs, estiment lui que ce nombre
est plus proche des 6 000-7 000 décès.
Economie
3 juin : (Xinhua et SHAN) Selon le journal The
New Light of Myanmar, la Birmanie et la Thaïlande ont
signé un MoU (accord de coopération) pour le développement
de projets hydroélectriques sur les fleuves Salween et
Tenasserin.
6 juin : (The International Herald Tribune) La compagnie pétrolière chinoise
CNOOC annonce qu’elle songe à faire une offre de
16,4 milliards de dollars à Chevron pour acheter Unocal.
23 juin :
(AP, AFP, Chine
nouvelle, Financial Times) La compagnie pétrolière chinoise
China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) annonce sa décision
de proposer 67 dollars par action pour racheter l'Américain
Unocal (autour de 20 millions de dollars). ChevronTexaco
avait proposé 16,6 milliards de dollars qui avaient été
accepté par Unocal, mais qui accepte d’évaluer
cette nouvelle offre. Si elle réussit,
cette offre constituera la plus importante acquisition étrangère
jamais réalisée par une entreprise chinoise.
Revue de presse "19 juin : 60ème
anniversaire d'Aung San Suu Kyi"

Aung San Suu Kyi , 60 ans en isolement
Le Nouvel
Obs le 19/06/05
A l'occasion des 60 ans d'Aung San Suu Kyi qu'elle
célèbre assignée à résidence,
de nombreux pays manifestent leur soutien à l'opposante
birmane.
De la Thaïlande
aux Etats-Unis, de l'Inde à l'Europe, des célébrations
ont marqué dimanche 19 juin dans le monde entier le
60e anniversaire de Aung San Suu Kyi, la dirigeante de l'opposition
démocratique birmane, assignée à résidence
depuis mai 2003.
A Rangoun, la capitale birmane, les partisans du prix Nobel
de la paix 1991 ont lâché symboliquement 61 colombes
dans le ciel pour saluer l'entrée du leader de la Ligue
nationale pour la démocratie (NLD) dans sa 61e année.
Alors qu'une réunion avait lieu au quartier général
de la NLD, plusieurs autres membres du parti se sont rassemblés
dans la célèbre pagode Shwedagon de Rangoun
pour prier en faveur de leur dirigeante, privée de
liberté depuis plus de deux ans.
A travers le monde, cet anniversaire est l'occasion pour les
sympathisants de Mme Suu Kyi, qu'il s'agisse de militants
des droits de l'homme, de pop-stars ou encore de chefs d'Etat
et de gouvernement, de rendre hommage à ce symbole
vivant de la résistance à l'oppression et de
réclamer sa libération.
Dix ans d'isolement
Placée en résidence surveillée par la
junte à la suite d'une tournée politique dans
le nord de la Birmanie, Aung San Suu Kyi a passé presque
10 des 16 dernières années dans l'isolement.
Son actuel confinement constitue sa troisième période
de privation de liberté depuis qu'elle a lancé
sa campagne pour la démocratie en 1989.
Le vice-président de Ligue nationale pour la démocratie,
Tin Oo, est lui aussi en détention depuis mai. Au total,
on estime à 1.200 le nombre des prisonniers politiques
en Birmanie, pays dirigé par l'armée depuis
1962.
Depuis plusieurs années, les femmes de la NLD font
de l'anniversaire de leur dirigeante la «journée
des femmes birmanes», avec discours et cérémonies
de dons aux familles des prionniers politiques.
Lettres
Parmi les nombreuses personnalités qui se sont manifestées
pour les 60 ans de Mme Suu Kyi, la secrétaire d'Etat
américaine Condoleezza Rice lui a écrit que
son «message de non-violence et de soutien courageux
à l'instauration de la démocratie en Birmanie
face à la répression brutale de la junte (...)
est une source d'inspiration dans le monde entier».
«Nous attendons avec impatience le jour où vous
pourrez célébrer votre anniversaire dans une
Birmanie démocratique et libre, où les droits
humains fondamentaux seront respectés», poursuit
Mme Rice.
Le président italien Carlo Azeglio Ciampi a pour sa
part exprimé dans un courrier à l'opposante
birmane sa «solidarité personnelle et celle de
tous les Italiens». Il a également salué
son «combat courageux pour la démocratie et les
droits de l'homme, que le prix élevé que vous
en payez rend plus noble encore».
Des manifestations de soutien au mouvement pro-démocratie
ont eu lieu vendredi devant plusieurs ambassades de Birmanie,
tandis que l'Union européenne espérait que ce
19 juin serait «le dernier anniversaire qu'Aung San
Suu Kyi passerait privée de liberté».
D'autres actions étaient prévues dimanche. A
Bangkok, en Thaïlande, l'université Thammasat
devait notamment décerner à Mme Suu Kyi un diplôme
de docteur honoris causa.
Devant l'afflux de ces messages de solidarité, la rumeur
a couru samedi soir à Rangoun que la dirigeante de
la NLD pourrait prochainement retrouver sa liberté
de mouvement. Toutefois, rien ne permettait d'affirmer qu'une
libération était imminente ou à l'étude.
«Le dispositif de sécurité autour des
domiciles de Mme Suu Kyi et de Tin Oo reste inchangé,
ce qui montre que les rumeurs sur leur libération étaient
infondées», a déclaré à
l'Associated Press un membre de la NLD ayant requis l'anonymat.
(AP)
Pour la libération de Aung San Suu Kyi
De nombreuses personnalités du monde
entier appellent la Birmanie à libérer le prix
Nobel de la paix à la veille de son 60e anniversaire.
Les appels
se sont multipliés vendredi 17 juin, notamment en provenance
d'Europe, pour demander la libération du prix Nobel
de la paix Aung San Suu Kyi, à l'occasion du 60è
anniversaire le 19 juin de la dirigeante de l'opposition démocratique
birmane.
Aung San Suu Kyi, assignée à résidence
à Rangoun, est privée de liberté depuis
mai 2003. Elle totalise une dizaine d'années de privation
de liberté depuis qu'elle a entamé son combat
en faveur de la démocratie en 1988.
Dans une déclaration publiée au sommet de Bruxelles,
l'Union européenne a "espéré" que ce
19 juin "serait le dernier anniversaire qu'Aung San Suu Kyi
passerait privée de liberté". Elle a demandé
aux autorités birmanes "de la libérer immédiatement",
de même que "tous les autres prisonniers politiques".
"L'UE est particulièrement préoccupée
par la situation actuelle en Birmanie-Myanmar, ajoute le texte,
qui appelle à "la réconciliation nationale".
Le Haut représentant pour la politique extérieure
de l'UE, Javier Solana, s'est engagé à "se saisir
de toutes les occasions" pour aider l'opposante birmane.
"Avec vous, j'espère votre libération prochaine",
a écrit de son côté le chef de la diplomatie
allemande Joschka Fischer, au prix Nobel de la paix 1991,
en lui souhaitant "beaucoup de courage et de force".
Demande de sanctions
Le maintien en isolement d'Aung San Suu Kyi "constitue depuis
de longs mois une grave entrave au processus de réconciliation
nationale souhaité par tous les Birmans", a souligné
le ministère français des Affaires étrangères.
Mercredi, le secrétaire au Foreign Office Jack Straw
avait affirmé: "Le traitement infligé à
Aung San Suu Kyi par les autorités birmanes est indéfendable
et j'appelle à sa libération immédiate,
ainsi qu'à celle des 1.300 autres prisonniers politiques
du pays".
Un appel intitulé "Notre liberté doit servir
la sienne" doit être publié ce week-end dans
la presse internationale, signé de très nombreuses
personnalités, dont les anciens Premiers ministres
français Lionel Jospin, espagnol Felipe Gonzalez et
belge Jean-Luc Dehaene.
Parmi les signataires, tous docteurs honoris causa de l'Université
catholique de Louvain en Belgique, comme Aung San Suu Kyi,
figurent le procureur du Tribunal Pénal International
pour l'ex-Yougoslavie Carla del Ponte, les écrivains
Michel Serres et Aamin Malouf ou le cinéaste Wim Wenders.
Ils recommandent "trois mesures concrètes: des sanctions
économiques (contre la Birmanie), une intervention
du Conseil de sécurité de l'Onu et une plus
grande vigilance de la part de l'Association des nations du
Sud-Est asiatique (Asean)".
Nobel
En Malaisie, l'ancien Premier ministre Mahathir Mohammad,
autrefois allié régional de la junte birmane,
a appelé les généraux de Rangoun à
libérer Aung San Suu Kyi.
Au Danemark, un comité de soutien à la Birmanie,
organise dimanche une fête d'anniversaire en l'honneur
de Aung San Suu Kyi, au café Mandela de Copenhague,
avec la participation d'orchestres et d'artistes.
Des fêtes du même type sont prévues notamment
en France et en Suède.
Le Comité Nobel de Norvège a également
appelé à la libération de l'opposante
birmane. "La lutte d'Aung San Suu Kyi est un des plus extraordinaires
exemples de courage (...) en Asie ces dernières décennies",
selon un communiqué de son président Ole Mjoes.
Une pétition pour la libération de la célèbre
dissidente, signée notamment par le dalaï-lama,
chef spirituel et temporel des bouddhistes tibétains,
a été lancée dans toute la Norvège.
En Suède, des membres de tous les partis représentés
au Parlement ont exprimé à l'opposante leur
"plus profond respect".
En 1990, sa formation politique, la Ligue nationale pour la
démocratie (LND) avait remporté plus de 80%
des sièges aux seules élections libres organisées
en Birmanie. Mais la junte au pouvoir a refusé de reconnaître
le résultat.
Soixantième anniversaire de Mme Aung San Suu Kyi
Réponses
du porte-parole aux questions du point de presse
(Paris,
le 17 juin 2005)
(Concernant
le soixantième anniversaire de Aung San Suu Kyi, différents
gouvernements se sont exprimés sur la question, notamment
les gouvernements britanniques et américains, pour
demander la libération de l'opposante birmane. Le gouvernement
français a-t-il une déclaration à ce
sujet ?)
'Je vous
rappelle la déclaration faite hier par l'Union Européenne pour exhorter
à nouveau les autorités de Rangoun à
libérer Mme Aung San Suu Kyi et tous les prisonniers
d'opinion en Birmanie.
Dimanche
19 juin 2005, Aung San Suu Kyi fêtera son 60e anniversaire
assignée à domicile. Le maintien en isolement
de Mme Aung San Suu Kyi constitue depuis de longs mois une
grave entrave au processus de réconciliation nationale
souhaité par tous les Birmans'.
(Chaque
fois que l'on parle de la Birmanie, la France est critiquée
pour le fait qu'elle ne soit pas favorable à des
sanctions
contre le gouvernement de Rangoun et le fait qu'elle laisse
le groupe TOTAL agir en toute impunité dans ce pays.
Comment réagissez-vous à ces accusations ?)
Vis-à-vis de la Birmanie et comme sur beaucoup d'autres
sujets, d'ailleurs, nous avons une approche européenne
et je ne crois pas que ce que vous disiez soit vrai. Il y
a un débat entre les pays européens qui a abouti
à la position que vous connaissez à propos de
la Birmanie. Le type de procès que vous évoquez
n'a donc pas lieu d'être. Quant au groupe TOTAL, je
n'ai pas à parler en son nom. Il y a eu un certain
nombre d'enquêtes qui ont été effectuées
et je vous renvoie à ce que le groupe TOTAL avait dit
à l'époque.'
Rompre
l’isolement de la dame de Rangoon
Any Bourrier – RFI le 17/06/2005
Il y aura
des manifestations partout. Certaines seront simples et modestes,
juste un message de félicitations envoyé par
la poste à l’adresse d’une maison
blanche située aux bords du lac Inya, à Rangoon.
D’autres réuniront beaucoup de monde devant les
ambassades de Birmanie en France, en Suisse, en Allemagne,
aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Asie. La plus
médiatique sera organisée par le groupe
pop américain REM qui envisage de diffuser par satellite
ce dimanche une chanson dédiée à Aung
San Suu Kyi pour fêter son 60e anniversaire.
Toutefois, le plus beau cadeau offert
à la dame de Rangoon ne viendra pas de ses sympathisants
mais de l’Association des nations du sud-est asiatique,
l’ASEAN. En effet, les dirigeants de cette association,
qui regroupe 10 pays du sud-est asiatique y compris la Birmanie,
ont obtenu de la junte qu’elle retire sa candidature
à la présidence tournante de l’ASEAN en
2006. Le gouvernement birman devrait annoncer son retrait
d’ici à la fin de l’année.
En forçant la Birmanie à ne pas
présider l’association, l’objectif de l’ASEAN
est de limiter les tensions avec les partenaires régionaux.
Les Etats-Unis avaient déjà annoncé leur
disposition à boycotter toutes les rencontres officielles l’année
prochaine. Et l’Union Européenne, qui impose
depuis une dizaine d’années des sanctions contre
le régime birman, pourrait annuler en 2006 les
rencontres bi-annuelles de l’ASEM, le forum de dialogue
euro-asiatique.
La suspension
de la présidence birmane a été obtenue
après d’intenses négociations à
haut niveau et des pressions venues surtout de parlementaires
des pays membres de l’ASEAN. Finalement, le ministre
des Affaires étrangères de Singapour George
Yeo a trouvé un compromis : la junte va renoncer
«volontairement»
à la présidence pour protéger les
intérêts de l’association. En fait,
les généraux birmans ont préféré
renoncer pour ne pas être obligés de libérer
Aung San Suu Kyi. Car les dirigeants de l’Asean ont
imposé une condition : la junte ne présidera
pas l’association tant que la dissidente restera en
résidence surveillée.
Il semble que
l’ASEAN cherche à prendre ses distances à
l’égard du régime qui dirige la Birmanie
avec une main de fer depuis 40 ans. L’espoir d’une
évolution démocratique, qui était apparu
au moment du «processus de Bangkok» en décembre
2003, a fait long feu. Aujourd’hui les partenaires asiatiques
sont convaincus que la junte n’évoluera
pas et sont décidés à agir en conséquence.
Les Philippins célèbrent
Aung San Suu Kyi
vendredi 17 juin 2005 - 12:02 Libération
Des manifestants
célèbrent, aux Philippines, les 60 ans de l'opposante
birmane et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi. Des dizaines
de militants philippins ont défilé vendredi
dans les rues de la capitale Manille, en direction de l'ambassade
de Birmanie. Avec ballons, pancartes et gâteaux, ils
ont célébré, un peu en avance, le soixantième
anniversaire (dimanche) de l'opposante birmane Aung San Suu
Kyi, et réclamé le rétablissement de
la démocratie dans le pays. Suu Kyi fêtera seule
son anniversaire dans sa villa de Rangoun, où elle
est actuellement en résidence surveillée, prisonnière
de l'armée depuis mai 2003. «The lady»
a passé une grande partie des 16 dernières années
de sa vie derrière les barreaux ou en résidence
surveillée, en raison de son combat contre la junte
militaire au pouvoir depuis 1962.
«C'est regrettable qu'elle fête son anniversaire
dans des circonstances que personne ne lui souhaiterait, elle
qui est un responsable politique. J'aimerais qu'elle soit
parmi ses proches et ses partisans, travaillant pour la stabilité
et la démocratisation de sa société»,
a déclaré jeudi Kofi Annan, le secrétaire
général des Nations Unies. Des manifestations
de solidarité sont prévues dimanche dans différentes
villes du monde. L'an dernier, les autorités de Rangoun
avaient promis de ramener le pays à la démocratie,
en engageant des réformes politiques et institutionnelles.
Aucun signe concret de changement n'a encore été
observé, et 1.380 prisonniers politiques sont toujours
incarcérés.
(Libération.fr)
Prières pour la libération
de Suu Kyi pour son 60e anniversaire
RANGOUN 19/06 (AFP) : Des moines bouddhistes
ont dit des prières avant l'aube dimanche à
l'occasion du 60e anniversaire de la dirigeante de l'opposition
birmane, Aung San Suu Kyi, dont un groupe d'hommes politiques
âgés a demandé la levée de l'assignation
à résidence. La célébration avec
dix moines dans les locaux du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue
nationale pour la démocratie (LND), a eu lieu alors
que dans le monde entier des militants des droits de l'Homme
s'apprêtaient à rendre hommage au combat de la
lauréate du prix Nobel de la paix, privée de
liberté depuis deux ans, et a demander de nouveau sa
libération. Mme Suu Kyi vit actuellement la troisième
période d'assignation de sa vie depuis son retour en
Birmanie en 1988 et le début de son combat pour la
démocratie
Birmanie: 60e anniversaire en résidence surveillée
pour Aung San Suu Kyi par Aye Aye Win
RANGOUN
(AP) - De la Thaïlande aux Etats-Unis, de l'Inde
à l'Europe, des célébrations ont marqué
dimanche dans le monde entier le 60e anniversaire de Aung
San Suu Kyi, la dirigeante de l'opposition démocratique
birmane, assignée à résidence depuis
mai 2003.
A Rangoun, la capitale birmane, les partisans du prix Nobel
de la paix 1991 ont lâché symboliquement 61 colombes
dans le ciel pour saluer l'entrée du leader de la Ligue
nationale pour la démocratie (NLD) dans sa 61e année.
Alors qu'une réunion avait lieu au quartier général
de la NLD, plusieurs autres membres du parti se sont rassemblés
dans la célèbre pagode Shwedagon de Rangoun
pour prier en faveur de leur dirigeante, privée de
liberté depuis plus de deux ans.
A travers le monde, cet anniversaire est l'occasion pour les
sympathisants de Mme Suu Kyi, qu'il s'agisse de militants
des droits de l'homme, de pop-stars ou encore de chefs d'Etat
et de gouvernement, de rendre hommage à ce symbole
vivant de la résistance à l'oppression et de
réclamer sa libération.
Placée en résidence surveillée par la
junte à la suite d'une tournée politique dans
le nord de la Birmanie, Aung San Suu Kyi a passé presque
10 des 16 dernières années dans l'isolement.
Son actuel confinement constitue sa troisième période
de privation de liberté depuis qu'elle a lancé
sa campagne pour la démocratie en 1989.
Le vice-président de Ligue nationale pour la démocratie,
Tin Oo, est lui aussi en détention depuis mai. Au total,
on estime à 1.200 le nombre des prisonniers politiques
en Birmanie, pays dirigé par l'armée depuis
1962.
Depuis plusieurs années, les femmes de la NLD font
de l'anniversaire de leur dirigeante la «journée
des femmes birmanes», avec discours et cérémonies
de dons aux familles des prionniers politiques.
Parmi les nombreuses personnalités qui se sont manifestées
pour les 60 ans de Mme Suu Kyi, la secrétaire d'Etat
américaine Condoleezza Rice lui a écrit que
son «message de non-violence et de soutien courageux
à l'instauration de la démocratie en Birmanie
face à la répression brutale de la junte (...)
est une source d'inspiration dans le monde entier».
»Nous attendons avec impatience le jour où vous
pourrez célébrer votre anniversaire dans une
Birmanie démocratique et libre, où les droits
humains fondamentaux seront respectés», poursuit
Mme Rice.
Le président italien Carlo Azeglio Ciampi a pour sa
part exprimé dans un courrier à l'opposante
birmane sa «solidarité personnelle et celle de
tous les Italiens». Il a également salué
son «combat courageux pour la démocratie et les
droits de l'homme, que le prix élevé que vous
en payez rend plus noble encore».
Des manifestations de soutien au mouvement pro-démocratie
ont eu lieu vendredi devant plusieurs ambassades de Birmanie,
tandis que l'Union européenne espérait que ce
19 juin serait «le dernier anniversaire qu'Aung San
Suu Kyi passerait privée de liberté».
D'autres actions étaient prévues dimanche. A
Bangkok, en Thaïlande, l'université Thammasat
devait notamment décerner à Mme Suu Kyi un diplôme
de docteur honoris causa.
Devant l'afflux de ces messages de solidarité, la rumeur
a couru samedi soir à Rangoun que la dirigeante de
la NLD pourrait prochainement retrouver sa liberté
de mouvement. Toutefois, rien ne permettait d'affirmer qu'une
libération était imminente ou à l'étude.
»Le dispositif de sécurité autour des
domiciles de Mme Suu Kyi et de Tin Oo reste inchangé,
ce qui montre que les rumeurs sur leur libération étaient
infondées», a déclaré à
l'Associated Press un membre de la NLD ayant requis l'anonymat.
AP
tl/v97
© AP - The Associated Press. Tous droits
réservés.
Les Echos
(POLITIQUE)
Birmanie :
Aung San Suu Kyi coupée du monde depuis 60 ans [ 17/06/05 ]
Aung San
Suu Kyi, la principale dirigeante de l'opposition en Birmanie,
célèbre dimanche son 60e anniversaire, seule
chez elle à Rangoun, où elle est assignée
à résidence par le gouvernement militaire depuis
bientôt deux ans. Le prix Nobel de la paix n'a plus
été vue en public depuis mai 2003. Aucun des
multiples appels à sa libération « immédiate
et inconditionnelle » lancés par l'ONU, les capitales
occidentales, les pays d'Asie du Sud-Est et les organisations
de défense de droits de l'homme, n'a fait fléchir
le généralissime Than Shwe, au pouvoir à
Rangoun à la tête de la junte.
L’Humanité
Libérez
Aung San Suu Kyi !
La Prix Nobel de la paix, qui a fêté
dimanche son soixantième anniversaire, est toujours assignée
en résidence et vit dans l’isolement. Aung San Suu Kyi, assignée à résidence
à Rangoun et privée de liberté depuis mai
2003, a fêté hier son 60e anniversaire. La prix
Nobel de la paix totalise une dizaine d’années
de privation de liberté depuis qu’elle a entamé son combat en faveur de la démocratie,
en 1988. Elle vit dans un quasi-isolement. « Des soldats armés
postés derrière une barricade de barbelés détournent chaque visiteur
à l’entrée de chacune des rues qui conduisent chez elle, déclare l’organisation
Info-Birmanie. Le régime maintient
sa ligne téléphonique coupée. » Personne
ne peut plus communiquer avec elle depuis le 30 mai 2003.
À cette date, la junte militaire
a tenté de l’assassiner lors de l’attaque
de son convoi à Depayin,
qui a fait plus de 100 morts. La secrétaire générale
de la Ligue nationale pour la démocratie a été
arrêtée et détenue au secret soi-disant
«
pour assurer sa sécurité ». Elle est réapparue
quatre mois plus tard pour une opération chirurgicale. Mais
tout contact avec ses amis est rompu. « Le Conseil d’État
pour la paix et le développement [SPDC] s’acharne depuis quinze ans à isoler
Aung San Suu Kyi. Les généraux veulent
que le monde l’oublie », estime Info-Birmanie. «
Elle représente la menace principale au régime militaire,
et les craintes pour sa sécurité redoublent depuis l’interdiction de visite
hebdomadaire infligée à son médecin personnel et les attentats du
7 mai 2005. » À
l’occasion de son soixantième anniversaire, les
appels se sont multipliés pour demander sa libération.
Dans une déclaration publiée au sommet de Bruxelles, l’Union européenne
a demandé aux autorités birmanes « de la libérer immédiatement »,
de même que « tous les autres prisonniers politiques
». <>
Un appel intitulé « Notre liberté
doit servir la sienne » a été publié
ce week-end dans la presse internationale, signé de très
nombreuses personnalités.
Parmi les signataires, tous docteurs honoris causa de l’université
catholique de Louvain, en Belgique, comme Mme Suu Kyi, figurent
la procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie,
Carla Del Ponte, les écrivains Michel Serres et Aamin
Malouf,
ou le cinéaste Wim Wenders. Ils recommandent «
trois mesures concrètes : des sanctions économiques
(contre la Birmanie), une intervention
du Conseil de sécurité de l’ONU et une plus
grande vigilance de la part de l’Association des nations
du Sud-Est asiatique (ASEAN) ».
Marie-George Buffet, secrétaire nationale
du PCF, a envoyé un message à Aung San Suu Kyi pour l’assurer de «
toute sa solidarité ». Elle demande la libération de l’opposante birmane
et du journaliste Win Tin, parrainé par l’Humanité, embastillé
depuis quinze ans, et elle appelle la communauté internationale et le gouvernement
français « à agir le plus clairement et fortement possible en faveur des
changements démocratiques nécessaires
» en Birmanie. DB.
BIRMANIE : Toujours assignée
à résidence, Aung San Suu Kyi a 60 ans aujourd'hui
le Prix Nobel de la paix birman sombre dans l'oubli
Le Figaro de notre envoyée
spéciale F.M.(Bangkok) le 18 juin 2005
Une fois encore, la voix d'Aung San Suu Kyi
s'est tue. La figure de proue de la lutte contre la dictature
birmane, qui fête ses 60 ans demain, est enfermée
dans sa vieille bâtisse du 54, University Avenue, sur
les rives du lac Inya, au coeur de Rangoon. Elle n'a pas fait
d'apparition publique depuis le 30 mai 2003, lorsque son convoi
est tombé dans une embuscade au nord du pays, tendue
par des voyous à la solde de la junte militaire au
pouvoir.
Personne
ne sait rien de ses conditions de vie, sinon qu'elle est réduite
à la plus extrême solitude. «Pas un
mot, rien ne filtre de cette maison», explique Win
Thein, journaliste à La Voix démocratique
de la Birmanie, une radio d'opposition basée à
Oslo. Les généraux qui l'ont assignée
à résidence pour la troisième fois depuis
le début de son combat en faveur de la démocratie,
en 1988, ont réduit la garde de fidèles dont
elle disposait : seule une cuisinière est restée
à ses côtés. Son médecin, qui faisait
le lien avec le monde extérieur et notamment avec les
diplomates basés à Rangoon, ne peut plus lui
rendre visite qu'une fois par mois et il est scrupuleusement
fouillé par les sentinelles en faction. Les deux membres
de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie,
qui la ravitaillent, n'ont pas le droit de franchir les grilles
de la propriété, dont le jardin s'est transformé
en véritable jungle. Sa ligne de téléphone
est coupée. Et l'accès aux médias internationaux,
qui étaient son principal porte-voix, lui est interdit.
Bref, quatorze ans après avoir reçu le prix
Nobel de la paix, «la dame de Rangoon» sombre
dans l'oubli. Pour tenter de sortir cette femme frêle
et courageuse de l'isolement, les lauréats du prix
Nobel de la paix appellent à lever cette assignation
à résidence et à libérer les 1
700 prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles
birmanes. Dans une «lettre ouverte à l'occasion
du soixantième anniversaire de Suu Kyi», les
«Nobel» écrivent : «Nous savons
par expérience que la tyrannie ne s'arrête pas
d'elle-même. La liberté doit être exigée
et défendue par ceux qui en ont été privés
et qui sont libres maintenant.» «Tant qu'elle
ne sera pas libre, aucun de nous ne le sera pas vraiment»,
insiste l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.
Des manifestations de soutien sont prévues demain devant
les ambassades de Birmanie de seize capitales.
Tout comme
les pressions et les sanctions économiques européennes
et américaines, ces manifestations n'ont que peu de
chances d'aboutir à sa libération : quinze ans
après les élections législatives de 1990,
remportées haut la main par le parti d'Aung San Suu
Kyi et annulées pour cette raison, les généraux
qui dirigent le pays ne desserrent pas l'étau. Les
gradés de Rangoon font tout pour briser la «sorcière
de la démocratie». Ils l'ont insultée,
calomniée. Ils ont diffusé des affiches obscènes
lui attribuant des moeurs sexuelles dépravées.
Ils l'ont séparée de ses enfants : quand elle
est assignée à résidence pour la première
fois en 1989, son fils aîné a 16 ans, le cadet
12 ans. Elle a dû renoncer à les voir grandir.
Elle n'a
pas été autorisée à revoir son
mari, un universitaire britannique, spécialiste du
bouddhisme tibétain, avant sa mort à Oxford
en mars 1999. Ce jour-là, elle doit se contenter d'une
cérémonie bouddhique chez elle, entourée
de quelques amis et de diplomates. Quand un bonze lui rappelle
que «l'essence du bouddhisme est de traiter la tristesse
par la sérénité», des larmes
roulent sur ses joues creuses. C'est l'unique fois où
elle a pleuré en public. «D'autres Birmans
souffrent plus que moi de ce régime», trouve-t-elle
la force de dire. Quand ses bourreaux la condamnent à
la solitude, elle établit un programme strict de gymnastique,
de méditation, d'étude et de piano, cultive
les «petits gestes quotidiens de courage qui aident
à préserver respect de soi et dignité»,
avait-elle expliqué au Figaro en 1999 lors
d'un de ses brefs moments de semi-liberté.
Elle aurait
pu mettre un terme à son supplice en choisissant l'exil.
Mais elle s'entête à rester. Car celle qui menait
une vie confortable en Grande-Bretagne jusqu'en 1988 est avant
tout la fille du général Aung San, héros
de la guerre d'indépendance, «l'héritière
d'un destin paternel brutalement interrompu» alors
qu'elle n'avait que deux ans. Pour tout un peuple opprimé
par plus de quarante ans de dictature, l'héroïne
des manifestations de 1988, sauvagement réprimées
par l'armée, incarne l'espoir, «la lumière
dans les ténèbres». Elle pique chaque
jour dans son chignon la fleur blanche de la victoire.
Communiqué de la Fédération
Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH)
le 17/06/2005
Aung San
Suu Kyi a soixante ans...
Aung San
Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, aura soixante ans le 19 juin.
Elle est toujours assignée à résidence
en Birmanie, et ce depuis le mois de mai 2003. En tout, cela
fait plus de neuf ans que la Secrétaire générale
de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal
parti d’opposition en Birmanie, est privée de
liberté.
Malheureusement, le régime militaire
en place depuis 1988 n’a aucune volonté de démocratiser
le pays : en mai 2004, une feuille de route a été
proposée par le Premier ministre de l’époque,
prévoyant notamment de réunir à nouveau
la Convention nationale destinée à rédiger
une nouvelle Constitution pour le pays. Cette enceinte voyait
ses travaux suspendus depuis sept ans. Ce processus est désormais
illusoire et a été une nouvelle fois suspendu
en juillet 2004 puis, après une nouvelle reprise, en
mars 2005. Les nombreuses critiques relatives à sa
composition et à ses règles de fonctionnement
non démocratiques n’ont pas été
prises en compte par la junte.
Les trois attentats perpétrés
à Rangoon le 7 mai 2005 contre la population civile,
que la FIDH condamne, laissent cependant penser que le régime
est divisé, en particulier depuis l’arrestation
de l’ancien premier ministre Khin Nyunt, en octobre
2004. De nombreux observateurs pensent en effet qu’il
s’est agi d’un règlement de compte entre
différentes factions de la junte.
En Birmanie, les violations des droits de l’Homme
restent graves et systématiques : les geôles
birmanes comptent encore plus de 1300 prisonniers politiques,
le travail forcé reste une pratique courante encore
récemment condamnée par l’Organisation
internationale du travail, et les enfants soldats sont légion
en Birmanie.
La FIDH reste convaincue que la meilleure façon
de soutenir les démocrates birmans, dont Aung San Suu
Kyi est le chef de file, est de maintenir la pression sur
la junte militaire, y compris en demandant un renforcement
des sanctions à son encontre.
La FIDH soutient l’opération d’envoi
de cartes d’anniversaire à Aung San Suu Kyi.
Même si les lettres sont interceptées par les
généraux birmans, ils sauront ainsi que le monde
observe avec attention le sort réservé à
Aung San Suu Kyi !
Vous pouvez
dès à présent signer la carte d’anniversaire
(dans sa version électronique) sur le site d’Actions
Birmanie : http://www.birmanie.net/
BON ANNIVERSAIRE, AUNG
SAN SUU KYI
Aung San Suu Kyi, 60 ans, toujours assignée à
résidence
par Micheline
Carrier
« La vérité, la
justice et la compassion sont souvent les seules défenses
contre le pouvoir impitoyable » (Aung San Suu Kyi,
assignée à demeure depuis 10 ans par la junte
militaire en Birmanie).<