Les Nouvelles de Birmanie n°1 - Juin 2005
La lettre d'information electronique d'Info Birmanie



Sommaire 

  • Tribune editoriale : "D'une étincelle et de la flamme jaillit la lumière..."
  • Revue de presse chronologique et thèmatiques des événements du mois
  • Revue de presse "19 juin : 60ème Anniversaire d'Aung San Suu Kyi"
  • Commentaire sur la censure des médias en Birmanie et témoignage d'un journaliste à Rangoun
  • Synthèse "Troubles causés par la déclaration d'indépendance de l'Etat Shan : la guerre civile et davantage à venir ?"
    Rubrique A LIRE - A VOIR 

    Projection le 12 juillet 2005 au Sénat de "Son pays est une Prison" de François Rosolato ; "Portraits de birmans ordinaires" au Festival "Nuits de rêve" à Rosières du 14 au 17 juillet 2005 ; Les petits généraux de Yadana par Thierry Falise ; CàPhêChôn, le journal francophone de l'Asie du Sud Est sur l'Internet ; Café BABEL (magazine européen d'actualité) ; Etude du CERI N°114 ;

Tribune éditoriale

D'une étincelle et de la flamme jaillit la lumière...

Alors que la situation en Birmanie est pratiquement absente des préoccupations des colonnes internationales de la presse française, nous espérions que le soixantième anniversaire de Madame Aung San Suu Kyi soulèverait un tollé totalement justifié et pourtant...
Le combat qu'elle mène pour la démocratie suscite souvent l'admiration.
Cependant, il ne réveille pas le courage au sein des diplomaties du monde entier. Reste l'opinion publique qui doit démontrer son intérêt face à une succession d'événements médiatiques combinés à une règle d'or en journalisme : « le nombre de morts par kilomètre ».

Le témoignage de Madame Lucie Aubrac est éclairant en ce sens que « l'information est la meilleure arme contre l'oppression » et Info Birmanie s'enorgueillit d'avoir su trouver cette « voix » pour exprimer l'opinion de tous les citoyens français le 19 juin, alors qu'Aung San Suu Kyi, seule, isolée du reste du monde et de ses compatriotes passait sa 3523ème journée en détention.

Même en décembre dernier, lorsque des vagues meurtrières causaient la disparition de centaines de milliers de vies dans le golfe du Bengale, la Birmanie gardait ses secrets et figurait en transparence sur les cartes décrivant le désastre.

La crise humanitaire en Birmanie, comme la crise économique, sociale et politique sont autant de sujets qui

devraient attirer l'attention, surtout à l'occasion d'une négociation serrée entre les pays voisins de la Birmanie, dans l'optique de la présidence de l'ASEAN en 2006.

Mais là encore, mieux vaut un grand silence...

Le 19 juin, Info Birmanie a pris part à de nombreuses initiatives internationales pour célébrer l'anniversaire de la lauréate du prix Nobel de la Paix assignée à résidence.


Lors d'une rencontre avec un exilé birman, nous apprenions que la population birmane est exsangue et qu'il suffirait d'une étincelle pour que se produise une succession d'événements en chaîne, sans connaître l'issue pour la Birmanie. Une « étincelle ».

Alors que le pays est mis à feu et à sang depuis plus de quarante ans par une junte militaire, il subsiste en Birmanie l'espoir d'une étincelle qui rallumerait la flamme de la démocratie. Or cette flamme, cette lueur, si mince et si fragile au fond du puits, c'est Aung San Suu Kyi qui l'incarne.

Début juillet, le collectif « TOTAL pollue la démocratie – Stoppons le TOTALitarisme en Birmanie » a rendu public un rapport qui synthétise les griefs pour demander le retrait de la multinationale française de Birmanie. Il est disponible sur le site de la FIDH en anglais et en français, et sur simple demande à Info Birmanie pour la version papier.  http://www.fidh.org/_template/2005/Total%20Burma/

De septembre à décembre prochain, Info Birmanie et ses partenaires associatifs vous donnent rendez-vous dans plusieurs villes de France, en Belgique et en Suisse, pour faire connaître précisément l'état catastrophique de la Birmanie et la caution morale et financière que TOTAL apporte au régime dictatorial birman.

Nous vous recommandons chaudement la lecture de ce brûlot cet été, qui ne vous brûlera pas les doigts mais vous rafraîchira la mémoire et vous permettra même sur votre lieu de villégiature de vous adonner à un sport nouveau : le militantisme vacancier... et si vous souhaitez pousser l'expérience de l'écran total, nous vous conseillons la lecture d'un livre romancé « les petits généraux de Yadana » écrit par le journaliste Thierry Falise...

Car suite aux négociations entre les avocats d'UNOCAL (le partenaire américain) avec les plaignants birmans pour ce qui concerne le règlement à l'amiable des deux procédures en cours aux USA, la Belgique vient de jeter l'éponge.

Triste justice belge, qui, d'un grand projet de loi de compétence universelle, aura abouti au rejet de la poursuite de l'instruction de la plainte déposée par des plaignants birmans réfugiés en Belgique.

Peut-être que « l'étincelle » pourrait bien être le produit de la dernière procédure en cours, en France, et il faut espérer que l'instruction rebondira après la trêve estivale.

Rendez-vous en septembre pour rallumer la mèche pour qu'enfin la Birmanie sorte des ténèbres.


L'équipe d'Info Birmanie

Revue de presse chronologique et thématique – Juin 2004
Par Carole Veisseire


Sources : BI Weekly, the Burmanet News, Irrawaddy Alert, The Burma Issues Newsletter, Burma News (Euro-Burma Office), Kaowao News, Weekly Diary

La junte militaire birmane

(IPS) Fin mai, Maung Aye a été dégradé officiellement en raison de la promotion de Shwe Mann au même rang hiérarchique que lui. L’armée est dorénavant commandée par deux généraux : Shwe Mann en charge du Nord de la Birmanie pendant que Maung Aye reste le chef du Sud du pays. Ces changements annoncent avec quasi certitude de voir le proches de Maung Aye être remplacés par les loyalistes de Than Shwe.

22 juin : (AP) Selon le journal The New Light of Myanmar, le premier ministre birman Soe Win aurait été promu au rang de général.

24 juin : (Democratic Voice of Burma) La Birmanie réorganise les renseignements militaires : nouveau personnel dans 12 commandements militaires.

L’Asean et la présidence birmane en 2006

1er juin : (Deutsche Presse-Agentur) Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le gouvernement philippin exprime de nouveau sa volonté de ne pas voir les relations ASEAN se détériorer davantage par la controverse sur la présidence de cette institution par la Birmanie en 2006. D'ici juillet, les généraux doivent annoncer leur décision, comme l'a formulé l'ASEAN lors de son dernier sommet.

- (AP) Les députés indonésiens viennent de voter une recommandation invitant le gouvernement indonésien à renoncer à participer aux réunions de l'ASEAN si la Birmanie des généraux préside.

2 juin : (AFP) Un groupe parlementaire inter-ASEAN, réuni à Singapour, annonce qu'il demande à la junte de renoncer à la présidence de l'ASEAN tant que les reformes démocratiques nécessaires ne sont pas mises en place.

9 juin :
(The Nation) Les ministres de l’Asean expriment leur désir de voir la Birmanie abandonner la présidence de l’association régionale en 2006. Le ministre des Affaires étrangères malaisien, Syed Hamid Albar, déclare que l’Asean respecte la souveraineté birmane et son droit de prendre ses propres décisions, mais que c’est aussi le droit de l’association d’informer la junte des sentiments de chaque pays composant l’association.


17 juin : Le caucus inter-parlementaire de l’Asean pour la démocratie en Birmanie (AIPMC), regroupant depuis novembre 2004 des députés d’Indonésie, des Philippines, de Singapour et de Thaïlande, lance un site Internet (www.aseanmp.org) et une pétition pour la libération d’Aung San Suu Kyi.

19 juin
 : 60ème anniversaire d’Aung San Suu Kyi, toujours assignée à résidence, privée de liberté, et ce depuis le mois de mai 2003. Manifestations près des ambassades birmanes et cartes de voeux sur toute la planète marquent cet anniversaire. Environ 400 personnes, dont des membres de la NLD et des diplomates étrangers, se sont réunis à Rangoon.


- (DVB) Des tracts sont distribués en son honneur dans la capitale près du marché Sanpya par des jeunes

- (DVB )Des moines bouddhistes sont tenus par les autorités locales de pas prendre part aux célébrations en l’honneur de l’anniversaire d’Aung San Suu Kyi et de refuser les invitations de la NLD.

- Lors de son concert à Dublin dans le cadre de sa tournée européenne, le groupe de musique américain REM a chanté une chanson en l’honneur d’Aung San Suu Kyi, qui fut retransmise en direct sur la chaîne satellite de la DVB.

- (The Irish News) L’Irlande déclare qu’elle n’établira aucun lien diplomatique avec la Birmanie tant qu’Aung San Suu Kyi n’est pas libre.

20 juin : Les Philippines devraient prendre la présidence de l’Asean en 2006 si la Birmanie décidait d’y renoncer.

Procès de Khin Nyunt

12 juin : (AP) Le ministre de l’Intérieur, le général Maung Oo, déclare que l’ancien Premier ministre Khin Nyunt, arrêté l’année dernière pour corruption et insubordination, n’a pas été transféré à la prison Insein et reste en résidence surveillée.

14 juin : (AFP) Ouverture par la cour suprême du procès de l’ancien Premier ministre et chef des renseignements militaires, le Lieutenant Général Khin Nyunt. En avril, une quarantaine de membres de son entourage ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de 20 à 100 ans. Deux ex-Brigadiers Général, Than Tun, officier de liaison de la junte militaire, et Thein Swe, chef des relations extérieures du Military Intelligence, ont essuyé les peines les plus lourdes, tandis que le fils et Sonny Swe, ancien directeur du Myanmar Times ont été condamnés à quatorze ans de prison. La veille, l’énonciation du verdict du procès des deux fils de Khin Nyunt, a été différée sans aucune explication.

Les attentats à la bombe du 7 mai à Rangoon

10 juin : (SEAPS News) Selon le Bangkok Post, Rangoon serait, depuis les attentats à la bombe survenue début mai, « une ville en état de siège ». L’accès à Internet a été encore restreint, des détecteurs de métaux ont été installés dans les centres commerciaux et les hôtels et des barrages ont été érigés sur chacune des rues amenant à la capitale, ceci sur un rayon de 30 km. Plus de 600 militants pro-démocratiques et étudiants auraient été arrêtés depuis ces attentats à la bombe.

12 juin : (AP) Le ministre de l’Intérieur birman, le général Maung Oo, déclare lors d’une conférence de presse, que le nombre de morts liés aux attentats du 7 mai est passé de 19 à 23. 21 personnes sont encore soignés à l’hôpital. Il ajouté qu’aucune arrestation de suspects n’a eu lieu et qu’aucune action n’a été menée pour forcer le désarmement des minorités.

21 juin : Les ONG déclarent souffrir des tensions en Birmanie depuis les attentats à la bombe à Rangoon début mai. La junte a renforcé les restrictions et la pression à l’égard des ong ce qui jugule leurs activités : difficultés pour se rendre dans les zones sensibles et pour démarrer de nouveaux projets.

Le 60ème anniversaire d’Aung San Suu Kyi

6 juin : (Communiqué de presse) Le Président Josep Borrell a ouvert la séance du parlement européen par une déclaration sur la situation en Birmanie. Il a rappelé la détention, depuis 3500 jours, de Aung San Suu Kyi lauréate du Prix Sakharov en 1991, et a rappelé qu’il est important que le parlement condamne fermement le régime birman qui viole systématiquement les droits de l’Homme.

10 juin : (The Guardian) Dans le cadre de la campagne internationale pour le soixantième anniversaire d’Aung San Suu Kyi, une délégation de huit femmes anglaises, dont l’actrice Prunella Scales, la comédienne Jo Brand, la rédactrice du magazine Marie Claire et la députée Labour, Vera Baird, appellent Tony Blair à exercer davantage de pression en faveur de la libération de Aung San Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques. Selon ce groupe, les importations birmanes ont triplé depuis l’arrivée de Tony Blair au pouvoir en 1997.

14 juin : (AFP) « L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, privée de liberté depuis deux ans, pourrait être relâchée en début d'année prochaine », a déclaré le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Kantathi Suphamongkhon. « La junte doit réunir à nouveau en novembre une convention nationale destinée à rédiger le projet de nouvelle Loi fondamentale, ce qui devrait être terminé en début d'année prochaine », a rappelé le chef de la diplomatie. Bangkok avait déjà prédit la libération de Mme Suu Kyi début 2004, ce qui n'avait finalement pas eu lieu.

- La Grande-Bretagne demande à la junte militaire de libérer Aung San Suu Kyi, en qualifiant le comportement de la junte d’« indéfendable ».

16 juin : (AP) La police malaisienne détient 68 Birmans suite à une manifestation de protestation devant l’ambassade birmane pour demander la libération d’Aung San Suu Kyi.

17 juin : Lettre ouverte des prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi
Pour tenter de la sortir de l'isolement, les lauréats du prix Nobel de la paix appellent à lever son assignation à résidence et à libérer les « 1 700 prisonniers politiques » qui croupissent dans les geôles birmanes.

23 juin : (Communiqué de presse) Les Verts européens pour la démocratie en Birmanie : Les Verts saluent à l’occasion de son soixantième anniversaire Mme Aung San Suu Kyi, demandent sa libération inconditionnelle et immédiate et celle de tous les prisonniers politiques, d’opinion et de conscience en Birmanie.

24 juin : (AVI) Malgré les bonnes relations qu'entretiennent le Cambodge avec la Birmanie, deux officiels importants du gouvernement cambodgien ont soutenu Mme Aung San Suu Kyi : Il n'y a aucune raison" pour détenir Mme Aung San Suu kyi, a déclaré aux journalistes, M. Om Yengtieng, président de la Commission des droits de l’Homme relevant du gouvernement cambodgien et conseiller du Premier ministre Hun Sen. Le porte-parole du gouvernement et le ministre de l’Information du Cambodge, Khieu Kanharith, a souhaité que la Birmanie règle ce problème.

28 juin : (Irrawaddy) 68 activistes birmanes, incluant 3 femmes, arrêtés à Kuala Lumpur à la suite d’une manifestation non autorisée appellant à la libération d’Aung San Suu Kyi, ont été accusés selon leurs avocats à 5 ans d’emprisonnement, à une amende de 10 00 Ringgit (2,600 dollars). 

La Ligue Nationale pour la Démocratie

26 mai : sept membres de la NLD vivant dans l’Etat d’Arakan ont été arrêtés par l’armée birmane dans le cadre des attentats du 7 mai.

6 juin : (Irrawaddy) Condamnation de Kyaw San, député NLD élu en 1990 président du parti pour la ville de Tantase, à 7 ans de prison pour activité illégale d’import-export, par le tribunal de la prison d’Insein.

7 juin : (Irrawaddy, AAPP) : Une équipe de quatre experts médicaux, dont le Dr Zaw Zaw Oo, conclut dans un rapport que Aung Hlaing Win, un jeune membre de la NLD âgé de 30 ans, arrêté le 1er mai et dont la mort a été annoncée le 10 mai dernier, est décédé suite à des blessures graves infligées lors de sessions interrogatoires menées par les services de renseignements militaires birmans.

10 juin : (AFP) Un tribunal militaire de Rangoon déclare que le décès de Aung Hlaing Win lors de sa détention provisoire était due à une maladie chronique du foie et ne découle pas des interrogatoires.

13 juin : (DVB) 4 membres de la NLD et un activiste pro-démocratique de Rangoun sont condamnés à la prison à vie par le tribunal spécial de la prison Insein pour avoir distribué du matériel considéré comme illégal, selon les membres de leurs famille : U Ba Myint, , président de la NLD du quartier d’Ahlon, U Ba Tint, Ko Aung Myo San, Ko Khin Kyaw, membres du bureau de la NLD du quartier de Kamayut, et Ko Thet Naing Aung. Ils sont détenus depuis décembre 2004 et leurs familles demeurent dans l’impossibilité de leur rendre visite.

15 juin : L’appel déposé la veille par deux membres du bureau de la NLD des districts de Shwekyin, U Bo Gyi et U Pe Tin, détenus à la prison Pegu, est rejeté par le tribunal local.

23 juin : (Mizzima) Des officiels de la NLD – Zone libérée, région ouest annoncent le renvoi de leur président, le docteur Tint Swe, accusé d’avoir violé les décisions du comité central et les règles financières.

L’opposition démocratique birmane

3 juin : (Narinjara News) Selon un homme politique local, le NUPA, le parti national unifié d’Arakan, une coalition large de partis révolutionnaires de l’Etat d’Arakan, s’est scindé en deux groupes au cours de son 3ème congrès( du 26 au 30 mai dans la zone frontalière entre le Bangladesh et la Birmanie). Le premier groupe est maintenant mené par U Padipru, un chef tribal ; le deuxième groupe a de son coté pour leader le docteur Khine Maung.

- (Irrawaddy) A la suite des attentats à la bombe du 7 mai, l’harcèlement des familles de dissidents et des activistes exilés par les responsables de la sécurité s’est accentué (ex : la famille d’Aung Din de la campagne américaine pour la Birmanie).

Etat Shan

25 mai : une déclaration commune du SSA-Sud et SSNA annonce que les deux mouvements armés Shan soutiennent l’établissement d’un Etat birman fondé sur une union fédérale.

6 juin
 :
(Bangkok Post) L’armée thaï décide de rapatrier 2 000 civils Shan vers la Birmanie pour des raisons de sécurité ; les Shans ne sont pas considérés en Thaïlande comme des réfugiés fuyant des combats mais comme des migrants illégaux.


10 juin
 :
(Shan Herald Agency for News) Selon des sources de l’Etat Shan Nord, des anciennes unités de l’armée nationale de l’Etat Shan, qui avaient été forcées de capituler ces deux derniers mois, ont été autorisées par la junte à se constituer en milice local. Par ailleurs, ses chefs peuvent dorénavant mener des affaires commerciales.

13 juin : (Irrawaddy) L’armée nationale de l’Etat Shan (SSNA) signataire d’un cessez-le-feu en 1995 avec la junte dément les allégations du régime selon lesquelles elle aurait fusionné avec l’Armée Nationale Shan du Sud (SSA-South) du Colonel Yawd Serk. Selon Sai Win Ngwe, un officier de liaison de la SSNA à la frontière thaïlandaise, ces déclarations ont pour but d’accentuer la pression pour la remise des armes, pour lesquelles la junte a offert 2 millions de Kyats ( environ 2000 dollars) par soldat de la SSNA.

La Thaïlande et les réfugiés birmans

Un nouveau processus d’enregistrement en Thaïlande a lieu entre juin et août 2005 pour les travailleurs migrants de Birmanie, du Laos et du Cambodge, leur permettant de rester en Thaïlande jusqu’en juin 2006.

13 juin : (Expadica) Des réfugiés birmans des camps situés à la frontière birmano-thai (Camp « Ban Mae La Luang » situé dans la province de Mae Hong Son – 10 000 personnes) déposent une plainte auprès du HCR contre l’Ong allemande basé à Berlin, Malteser Hilfsdienst (MHD), pour leur avoir assuré des soins médicaux inappropriés.

24 juin : (Irrawaddy) Deux organisations birmanes de défense des droits des femmes, le réseau d’action des femmes Shan (Shan Women’s action network) et la ligue des femmes de Birmanie (Women’s League of Burma)sont honorées par la fondation américaine Peter Gruber pour leur travail d’aide en direction des réfugiés femmes et enfants qui ont fuit la Birmanie.

29 juin : (Irrawaddy) Plus de 500,000 personnes déplacées dans l’est de la Birmanie vivent dans des camps relocalisés ou cachés depuis la fin de l’année 2004, selon un rapport publié par le conseil norvégien des réfugiés. La plupart sont d’origine Karen, Karenni, Shan et Mon.

Les violations des droits de l’Homme en Birmanie

4 juin : « Du travail forcé en Birmanie », intervention orale de l'Organisation Mondiale Contre la Torture à Genève lors de la conférence internationale du travail, 93ème session de la commission de l'application des normes : L'OMCT est alarmée par l'usage continu du travail forcé en Birmanie, souvent accompagné de torture et d'autres types de violences physiques et psychologiques.

6 juin : L’OIT conclut lors de sa conférence à Genève, que le régime birman a échoué à tenir ses engagements d’éliminer le travail forcé dans son pays.

8 juin : Un nouveau rapport d’Amnesty International dénonce les violences et l’exploitation subies par les travailleurs migrants en Thaïlande. « Les travailleurs migrants birmans sont très souvent payés bien en dessous du salaire minimum thaïlandais ; ils passent leurs longues journées de travail dans des conditions insalubres et courent le risque d’être arrêtés et expulsés arbitrairement », déclare le rapport. Amnesty a interrogé 115 migrants birmans en sept endroits de Thaïlande. Les personnes interrogées travaillaient ou cherchaient du travail dans la pêche, l’industrie, l’agriculture, le bâtiment, ou comme journaliers ou domestiques.

9 juin : (AFP) La junte rejette les conclusions d’un rapport américain sur les trafics humains qui place la Birmanie parmi les pays d’Asie sujette le plus à ce type de violations des droits de l’Homme.

10 juin : (AFP) Selon un nouveau rapport d’Human Rights Watch, intitulé « They Came and Destroyed Our Village Again" The Plight of Internally Displaced Persons in Karen State », l’armée birmane continue de tuer, violer et réquisitionner les villageois karen, ce qui les forcent à fuir en masse leurs villages pour échapper à ces exactions. Ces déplacements forcés s’expliquent principalement par des raisons économiques liées aux ressources naturelles présentes dans cet Etat.

- (Narinjara News) Selon un moine vivant sur les lieux, environ 300 prisonniers sont forcés par les autorités birmanes depuis le début de l’été à travailler 12 heures par jour à la construction d’une route entre Rangoon et Kyauk Pru, ville située dans l’Etat de l’Arakan. La majorité des prisonniers viendraient des prisons de Akyab et Kyauk Pru.

16 juin : Amnesty International a rendu public un rapport condamnant le système judiciaire birman (détention arbitraire, non accès à un avocat, mauvais traitements, tortures) et appelle à la libération des 1 350 prisonniers politiques que compte la Birmanie et de Aung San Suu Syi.

- L’OIT appelle à des mesures, et non à des sanctions, contre la Birmanie en raison de son échec dans la lutte contre le travail forcé : révision des investissements étrangers en Birmanie. Une première résolution similaire avait été votée en 2000.

23 juin : (Irrawaddy, Courrier International) La junte birmane accusée de génocide. Une nouvelle enquête indépendante dénonce ses crimes à l'encontre de plusieurs minorités ethniques et alerte la communauté internationale sur une politique génocidaire : Le rapport « Dying Live », écrit par un chercheur anglais spécialiste de la question des droits de l’Homme, Guy Horton, appelle à ce que des charges pour génocide soient portées contre la junte birmane à la cour internationale de justice de la Haye.

Sanctions internationales à l’égard de la Birmanie

22 juin : La Chambre des représentants des Etats-Unis vote à la quasi-unanimité une résolution renouvelant pour un an l'interdiction de toutes les importations provenant de Birmanie, estimant que la junte de Rangoun continue de porter atteinte aux droits de l'Homme. Le pays fait l'objet de sanctions américaines depuis mai 1997. Elles ont été renforcées en juillet 2003. Rangoun n'a pris aucune mesure significative pour restaurer la démocratie et libérer la dirigeante de l'opposition démocratique, Aung San Suu Kyi, ont déclaré des parlementaires.

Tourisme

- (Irrawaddy) : Les attentats à la bombe début mai ont eu pour conséquence d’affecter la croissance de l’industrie touristique en Birmanie : baisse des réservations de vol de 20%, multiplications des annulations dans les hôtels. La junte table sur 750 000 touristes pour 2005.

Drogues

- (L’Economiste) La plus importante réduction de la production d'héroïne s’est produit en Birmanie : de 2.500 tonnes dans les années 90, on est passé à 400 tonnes en 2004. Mais cette baisse a été compensée par l’augmentation de la production de l’amphétamine (drogue synthèse) destinée principalement aux pays voisins comme la Thaïlande, mais aussi le Japon.

8 juin : (Irrawaddy) Selon le porte parole de la UWSA, l’armée unifiée de l’Etat Wa, la junte birmane a demandé aux leader de l’UWSA, de reporter la cérémonie planifiée le 24 juin, durant laquelle ils devaient officiellement déclarer cette zone « drug-free ». La junte a promis publiquement que l’opium ne serait plus produite en Birmanie à la fin de l’année 2005.

12 juin : (AP) Le ministre birman de l’Information, Brig. Gen. Kyaw Hsan, dément, lors d’une conférence de presse, toute tension avec la minorité Wa concernant le report de la cérémonie officielle faisant de la région Nord de la Birmanie une zone libérée de la drogue (les cultures d’opium devaient être brûlées ce jour-là). La cérémonie a été différée en raison des difficultés de transport liée à la saison des pluies. Selon les sources diplomatiques, la cérémonie a été repoussée à la fin des moussons car la junte n’a pas appréciée que l’organisation Wa se qualifie sur les invitations de « gouvernement populaire de l’Etat Wa »/« People’s government of the Wa State ». La junte ne veut pas que l’armée Wa se présente comme une autorité indépendante.

19 juin : L’armée unifiée de l’Etat Wa a célébré son interdiction de produire de l’opium sur son territoire qui prend effet le 30 juin.

26 juin : (AMI) La Birmanie, deuxième producteur d'opium au monde, brûle une valeur de 328 millions de dollars d'opium, d'héroïne, de marijuana et de méthampéthamines pour affirmer sa volonté de combattre les stupéfiants, à l'occasion de la journée mondiale antidrogue. La Birmanie déclare vouloir éradiquer les cultures de pavot d'ici 2014. En dépit des programmes de cultures de substitution, plus de 1,2 million de personnes dépendent encore de la culture traditionnelle du pavot, notamment dans l'Etat Shan, dans le triangle d'or à la frontière de la Chine et du Laos.

  HIV-Sida en Birmanie

Selon le mensuel Flower News Journal, des milliers de patients birmans atteints du virus du sida ne peuvent accéder aux traitements anti-viraux en raison de la pénurie de médicaments ; environ 300 000 Birmans seraient infectés par le virus du sida.

Conséquences du Tsumani

(AP) Les officiels thai estiment à 1000 le nombre de migrants birmans morts lors du Tsumani. Le groupe d’action du Tsumani, une ong qui aide les travailleurs, estiment lui que ce nombre est plus proche des 6 000-7 000 décès.

Economie

3 juin : (Xinhua et SHAN) Selon le journal The New Light of Myanmar, la Birmanie et la Thaïlande ont signé un MoU (accord de coopération) pour le développement de projets hydroélectriques sur les fleuves Salween et Tenasserin.

6 juin : (The International Herald Tribune) La compagnie pétrolière chinoise CNOOC annonce qu’elle songe à faire une offre de 16,4 milliards de dollars à Chevron pour acheter Unocal.

23 juin : (AP, AFP, Chine nouvelle, Financial Times) La compagnie pétrolière chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) annonce sa décision de proposer 67 dollars par action pour racheter l'Américain Unocal (autour de 20 millions de dollars). ChevronTexaco avait proposé 16,6 milliards de dollars qui avaient été accepté par Unocal, mais qui accepte d’évaluer cette nouvelle offre. Si elle réussit, cette offre constituera la plus importante acquisition étrangère jamais réalisée par une entreprise chinoise.

Revue de presse "19 juin : 60ème anniversaire d'Aung San Suu Kyi"

Aung San Suu Kyi , 60 ans en isolement

Le Nouvel Obs le 19/06/05

A l'occasion des 60 ans d'Aung San Suu Kyi qu'elle célèbre assignée à résidence, de nombreux pays manifestent leur soutien à l'opposante birmane.

De la Thaïlande aux Etats-Unis, de l'Inde à l'Europe, des célébrations ont marqué dimanche 19 juin dans le monde entier le 60e anniversaire de Aung San Suu Kyi, la dirigeante de l'opposition démocratique birmane, assignée à résidence depuis mai 2003.
A Rangoun, la capitale birmane, les partisans du prix Nobel de la paix 1991 ont lâché symboliquement 61 colombes dans le ciel pour saluer l'entrée du leader de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) dans sa 61e année.
Alors qu'une réunion avait lieu au quartier général de la NLD, plusieurs autres membres du parti se sont rassemblés dans la célèbre pagode Shwedagon de Rangoun pour prier en faveur de leur dirigeante, privée de liberté depuis plus de deux ans.
A travers le monde, cet anniversaire est l'occasion pour les sympathisants de Mme Suu Kyi, qu'il s'agisse de militants des droits de l'homme, de pop-stars ou encore de chefs d'Etat et de gouvernement, de rendre hommage à ce symbole vivant de la résistance à l'oppression et de réclamer sa libération.

Dix ans d'isolement

Placée en résidence surveillée par la junte à la suite d'une tournée politique dans le nord de la Birmanie, Aung San Suu Kyi a passé presque 10 des 16 dernières années dans l'isolement. Son actuel confinement constitue sa troisième période de privation de liberté depuis qu'elle a lancé sa campagne pour la démocratie en 1989.
Le vice-président de Ligue nationale pour la démocratie, Tin Oo, est lui aussi en détention depuis mai. Au total, on estime à 1.200 le nombre des prisonniers politiques en Birmanie, pays dirigé par l'armée depuis 1962.
Depuis plusieurs années, les femmes de la NLD font de l'anniversaire de leur dirigeante la «journée des femmes birmanes», avec discours et cérémonies de dons aux familles des prionniers politiques.

Lettres

Parmi les nombreuses personnalités qui se sont manifestées pour les 60 ans de Mme Suu Kyi, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice lui a écrit que son «message de non-violence et de soutien courageux à l'instauration de la démocratie en Birmanie face à la répression brutale de la junte (...) est une source d'inspiration dans le monde entier».
«Nous attendons avec impatience le jour où vous pourrez célébrer votre anniversaire dans une Birmanie démocratique et libre, où les droits humains fondamentaux seront respectés», poursuit Mme Rice.
Le président italien Carlo Azeglio Ciampi a pour sa part exprimé dans un courrier à l'opposante birmane sa «solidarité personnelle et celle de tous les Italiens». Il a également salué son «combat courageux pour la démocratie et les droits de l'homme, que le prix élevé que vous en payez rend plus noble encore».
Des manifestations de soutien au mouvement pro-démocratie ont eu lieu vendredi devant plusieurs ambassades de Birmanie, tandis que l'Union européenne espérait que ce 19 juin serait «le dernier anniversaire qu'Aung San Suu Kyi passerait privée de liberté». D'autres actions étaient prévues dimanche. A Bangkok, en Thaïlande, l'université Thammasat devait notamment décerner à Mme Suu Kyi un diplôme de docteur honoris causa.
Devant l'afflux de ces messages de solidarité, la rumeur a couru samedi soir à Rangoun que la dirigeante de la NLD pourrait prochainement retrouver sa liberté de mouvement. Toutefois, rien ne permettait d'affirmer qu'une libération était imminente ou à l'étude.
«Le dispositif de sécurité autour des domiciles de Mme Suu Kyi et de Tin Oo reste inchangé, ce qui montre que les rumeurs sur leur libération étaient infondées», a déclaré à l'Associated Press un membre de la NLD ayant requis l'anonymat. (AP)

Pour la libération de Aung San Suu Kyi

De nombreuses personnalités du monde entier appellent la Birmanie à libérer le prix Nobel de la paix à la veille de son 60e anniversaire.

Les appels se sont multipliés vendredi 17 juin, notamment en provenance d'Europe, pour demander la libération du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, à l'occasion du 60è anniversaire le 19 juin de la dirigeante de l'opposition démocratique birmane.
Aung San Suu Kyi, assignée à résidence à Rangoun, est privée de liberté depuis mai 2003. Elle totalise une dizaine d'années de privation de liberté depuis qu'elle a entamé son combat en faveur de la démocratie en 1988.
Dans une déclaration publiée au sommet de Bruxelles, l'Union européenne a "espéré" que ce 19 juin "serait le dernier anniversaire qu'Aung San Suu Kyi passerait privée de liberté". Elle a demandé aux autorités birmanes "de la libérer immédiatement", de même que "tous les autres prisonniers politiques".
"L'UE est particulièrement préoccupée par la situation actuelle en Birmanie-Myanmar, ajoute le texte, qui appelle à "la réconciliation nationale".
Le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana, s'est engagé à "se saisir de toutes les occasions" pour aider l'opposante birmane.
"Avec vous, j'espère votre libération prochaine", a écrit de son côté le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer, au prix Nobel de la paix 1991, en lui souhaitant "beaucoup de courage et de force".

Demande de sanctions

Le maintien en isolement d'Aung San Suu Kyi "constitue depuis de longs mois une grave entrave au processus de réconciliation nationale souhaité par tous les Birmans", a souligné le ministère français des Affaires étrangères.
Mercredi, le secrétaire au Foreign Office Jack Straw avait affirmé: "Le traitement infligé à Aung San Suu Kyi par les autorités birmanes est indéfendable et j'appelle à sa libération immédiate, ainsi qu'à celle des 1.300 autres prisonniers politiques du pays".
Un appel intitulé "Notre liberté doit servir la sienne" doit être publié ce week-end dans la presse internationale, signé de très nombreuses personnalités, dont les anciens Premiers ministres français Lionel Jospin, espagnol Felipe Gonzalez et belge Jean-Luc Dehaene.
Parmi les signataires, tous docteurs honoris causa de l'Université catholique de Louvain en Belgique, comme Aung San Suu Kyi, figurent le procureur du Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie Carla del Ponte, les écrivains Michel Serres et Aamin Malouf ou le cinéaste Wim Wenders.
Ils recommandent "trois mesures concrètes: des sanctions économiques (contre la Birmanie), une intervention du Conseil de sécurité de l'Onu et une plus grande vigilance de la part de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean)".

Nobel

En Malaisie, l'ancien Premier ministre Mahathir Mohammad, autrefois allié régional de la junte birmane, a appelé les généraux de Rangoun à libérer Aung San Suu Kyi.
Au Danemark, un comité de soutien à la Birmanie, organise dimanche une fête d'anniversaire en l'honneur de Aung San Suu Kyi, au café Mandela de Copenhague, avec la participation d'orchestres et d'artistes.
Des fêtes du même type sont prévues notamment en France et en Suède.
Le Comité Nobel de Norvège a également appelé à la libération de l'opposante birmane. "La lutte d'Aung San Suu Kyi est un des plus extraordinaires exemples de courage (...) en Asie ces dernières décennies", selon un communiqué de son président Ole Mjoes.
Une pétition pour la libération de la célèbre dissidente, signée notamment par le dalaï-lama, chef spirituel et temporel des bouddhistes tibétains, a été lancée dans toute la Norvège.
En Suède, des membres de tous les partis représentés au Parlement ont exprimé à l'opposante leur "plus profond respect".
En 1990, sa formation politique, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait remporté plus de 80% des sièges aux seules élections libres organisées en Birmanie. Mais la junte au pouvoir a refusé de reconnaître le résultat.

Soixantième anniversaire de Mme Aung San Suu Kyi

Réponses du porte-parole aux questions du point de presse

(Paris, le 17 juin 2005)

(Concernant le soixantième anniversaire de Aung San Suu Kyi, différents gouvernements se sont exprimés sur la question, notamment les gouvernements britanniques et américains, pour demander la libération de l'opposante birmane. Le gouvernement français a-t-il une déclaration à ce sujet ?)

'Je vous rappelle la déclaration faite hier par l'Union Européenne pour exhorter à nouveau les autorités de Rangoun à libérer Mme Aung San Suu Kyi et tous les prisonniers d'opinion en Birmanie.

Dimanche 19 juin 2005, Aung San Suu Kyi fêtera son 60e anniversaire assignée à domicile. Le maintien en isolement de Mme Aung San Suu Kyi constitue depuis de longs mois une grave entrave au processus de réconciliation nationale souhaité par tous les Birmans'.

(Chaque fois que l'on parle de la Birmanie, la France est critiquée pour le fait qu'elle ne soit pas favorable à des

sanctions contre le gouvernement de Rangoun et le fait qu'elle laisse le groupe TOTAL agir en toute impunité dans ce pays. Comment réagissez-vous à ces accusations ?) Vis-à-vis de la Birmanie et comme sur beaucoup d'autres sujets, d'ailleurs, nous avons une approche européenne et je ne crois pas que ce que vous disiez soit vrai. Il y a un débat entre les pays européens qui a abouti à la position que vous connaissez à propos de la Birmanie. Le type de procès que vous évoquez n'a donc pas lieu d'être. Quant au groupe TOTAL, je n'ai pas à parler en son nom. Il y a eu un certain nombre d'enquêtes qui ont été effectuées et je vous renvoie à ce que le groupe TOTAL avait dit à l'époque.'

Rompre l’isolement de la dame de Rangoon

Any Bourrier – RFI le 17/06/2005

Il y aura des manifestations partout. Certaines seront simples et modestes, juste un message de félicitations envoyé par la poste à  l’adresse d’une maison blanche située aux bords du lac Inya, à Rangoon. D’autres réuniront beaucoup de monde devant les ambassades de Birmanie en France, en Suisse, en Allemagne, aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Asie. La plus médiatique sera  organisée par le groupe pop américain REM qui envisage de diffuser par satellite ce dimanche une chanson dédiée à Aung San Suu Kyi  pour fêter son 60e anniversaire.

Toutefois, le plus beau cadeau offert  à la dame de Rangoon ne viendra pas de ses sympathisants mais de l’Association des nations du sud-est asiatique, l’ASEAN. En effet, les dirigeants de cette association, qui regroupe 10 pays du sud-est asiatique y compris la Birmanie, ont obtenu de la junte qu’elle retire sa candidature à la présidence tournante de l’ASEAN en 2006. Le gouvernement birman devrait annoncer son retrait d’ici à la fin de l’année.

En forçant la Birmanie à ne pas présider l’association, l’objectif de l’ASEAN est de limiter les tensions avec les partenaires régionaux. Les Etats-Unis avaient déjà annoncé leur disposition à boycotter toutes les rencontres officielles l’année prochaine. Et l’Union Européenne, qui impose depuis une dizaine d’années des sanctions contre le régime birman, pourrait annuler en 2006 les rencontres bi-annuelles de l’ASEM, le forum de dialogue euro-asiatique.

La suspension de la présidence birmane a été obtenue après d’intenses négociations à haut niveau et des pressions venues surtout de parlementaires des pays membres de l’ASEAN. Finalement, le ministre des Affaires étrangères de Singapour George Yeo a trouvé un compromis : la junte va renoncer «volontairement» à la présidence  pour protéger les intérêts de l’association. En fait, les généraux birmans ont préféré renoncer pour ne pas être obligés de libérer Aung San Suu Kyi. Car les dirigeants de l’Asean ont imposé une condition : la junte ne  présidera pas l’association tant que la dissidente restera en résidence surveillée.

Il semble que l’ASEAN cherche à prendre ses distances à l’égard du régime qui dirige la Birmanie avec une main de fer depuis 40 ans. L’espoir d’une évolution démocratique, qui était apparu au moment du «processus de Bangkok» en décembre 2003, a fait long feu. Aujourd’hui les partenaires asiatiques sont convaincus que la junte n’évoluera pas et sont décidés à agir en conséquence.

Les Philippins célèbrent Aung San Suu Kyi

vendredi 17 juin 2005 - 12:02 Libération

Des manifestants célèbrent, aux Philippines, les 60 ans de l'opposante birmane et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi. Des dizaines de militants philippins ont défilé vendredi dans les rues de la capitale Manille, en direction de l'ambassade de Birmanie. Avec ballons, pancartes et gâteaux, ils ont célébré, un peu en avance, le soixantième anniversaire (dimanche) de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, et réclamé le rétablissement de la démocratie dans le pays. Suu Kyi fêtera seule son anniversaire dans sa villa de Rangoun, où elle est actuellement en résidence surveillée, prisonnière de l'armée depuis mai 2003. «The lady» a passé une grande partie des 16 dernières années de sa vie derrière les barreaux ou en résidence surveillée, en raison de son combat contre la junte militaire au pouvoir depuis 1962.
«C'est regrettable qu'elle fête son anniversaire dans des circonstances que personne ne lui souhaiterait, elle qui est un responsable politique. J'aimerais qu'elle soit parmi ses proches et ses partisans, travaillant pour la stabilité et la démocratisation de sa société», a déclaré jeudi Kofi Annan, le secrétaire général des Nations Unies. Des manifestations de solidarité sont prévues dimanche dans différentes villes du monde. L'an dernier, les autorités de Rangoun avaient promis de ramener le pays à la démocratie, en engageant des réformes politiques et institutionnelles. Aucun signe concret de changement n'a encore été observé, et 1.380 prisonniers politiques sont toujours incarcérés.
(Libération.fr)

Prières pour la libération de Suu Kyi pour son 60e anniversaire

RANGOUN 19/06 (AFP) : Des moines bouddhistes ont dit des prières avant l'aube dimanche à l'occasion du 60e anniversaire de la dirigeante de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, dont un groupe d'hommes politiques âgés a demandé la levée de l'assignation à résidence. La célébration avec dix moines dans les locaux du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a eu lieu alors que dans le monde entier des militants des droits de l'Homme s'apprêtaient à rendre hommage au combat de la lauréate du prix Nobel de la paix, privée de liberté depuis deux ans, et a demander de nouveau sa libération. Mme Suu Kyi vit actuellement la troisième période d'assignation de sa vie depuis son retour en Birmanie en 1988 et le début de son combat pour la démocratie

Birmanie: 60e anniversaire en résidence surveillée pour Aung San Suu Kyi par Aye Aye Win

RANGOUN (AP) - De la Thaïlande aux Etats-Unis, de l'Inde à l'Europe, des célébrations ont marqué dimanche dans le monde entier le 60e anniversaire de Aung San Suu Kyi, la dirigeante de l'opposition démocratique birmane, assignée à résidence depuis mai 2003.
A Rangoun, la capitale birmane, les partisans du prix Nobel de la paix 1991 ont lâché symboliquement 61 colombes dans le ciel pour saluer l'entrée du leader de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) dans sa 61e année.
Alors qu'une réunion avait lieu au quartier général de la NLD, plusieurs autres membres du parti se sont rassemblés dans la célèbre pagode Shwedagon de Rangoun pour prier en faveur de leur dirigeante, privée de liberté depuis plus de deux ans.
A travers le monde, cet anniversaire est l'occasion pour les sympathisants de Mme Suu Kyi, qu'il s'agisse de militants des droits de l'homme, de pop-stars ou encore de chefs d'Etat et de gouvernement, de rendre hommage à ce symbole vivant de la résistance à l'oppression et de réclamer sa libération.
Placée en résidence surveillée par la junte à la suite d'une tournée politique dans le nord de la Birmanie, Aung San Suu Kyi a passé presque 10 des 16 dernières années dans l'isolement. Son actuel confinement constitue sa troisième période de privation de liberté depuis qu'elle a lancé sa campagne pour la démocratie en 1989.
Le vice-président de Ligue nationale pour la démocratie, Tin Oo, est lui aussi en détention depuis mai. Au total, on estime à 1.200 le nombre des prisonniers politiques en Birmanie, pays dirigé par l'armée depuis 1962.
Depuis plusieurs années, les femmes de la NLD font de l'anniversaire de leur dirigeante la «journée des femmes birmanes», avec discours et cérémonies de dons aux familles des prionniers politiques.
Parmi les nombreuses personnalités qui se sont manifestées pour les 60 ans de Mme Suu Kyi, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice lui a écrit que son «message de non-violence et de soutien courageux à l'instauration de la démocratie en Birmanie face à la répression brutale de la junte (...) est une source d'inspiration dans le monde entier».
»Nous attendons avec impatience le jour où vous pourrez célébrer votre anniversaire dans une Birmanie démocratique et libre, où les droits humains fondamentaux seront respectés», poursuit Mme Rice.
Le président italien Carlo Azeglio Ciampi a pour sa part exprimé dans un courrier à l'opposante birmane sa «solidarité personnelle et celle de tous les Italiens». Il a également salué son «combat courageux pour la démocratie et les droits de l'homme, que le prix élevé que vous en payez rend plus noble encore».
Des manifestations de soutien au mouvement pro-démocratie ont eu lieu vendredi devant plusieurs ambassades de Birmanie, tandis que l'Union européenne espérait que ce 19 juin serait «le dernier anniversaire qu'Aung San Suu Kyi passerait privée de liberté». D'autres actions étaient prévues dimanche. A Bangkok, en Thaïlande, l'université Thammasat devait notamment décerner à Mme Suu Kyi un diplôme de docteur honoris causa.
Devant l'afflux de ces messages de solidarité, la rumeur a couru samedi soir à Rangoun que la dirigeante de la NLD pourrait prochainement retrouver sa liberté de mouvement. Toutefois, rien ne permettait d'affirmer qu'une libération était imminente ou à l'étude. »Le dispositif de sécurité autour des domiciles de Mme Suu Kyi et de Tin Oo reste inchangé, ce qui montre que les rumeurs sur leur libération étaient infondées», a déclaré à l'Associated Press un membre de la NLD ayant requis l'anonymat. AP
tl/v97
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Les Echos (POLITIQUE) 

Birmanie : Aung San Suu Kyi coupée du monde depuis 60 ans [ 17/06/05 ]

Aung San Suu Kyi, la principale dirigeante de l'opposition en Birmanie, célèbre dimanche son 60e anniversaire, seule chez elle à Rangoun, où elle est assignée à résidence par le gouvernement militaire depuis bientôt deux ans. Le prix Nobel de la paix n'a plus été vue en public depuis mai 2003. Aucun des multiples appels à sa libération « immédiate et inconditionnelle » lancés par l'ONU, les capitales occidentales, les pays d'Asie du Sud-Est et les organisations de défense de droits de l'homme, n'a fait fléchir le généralissime Than Shwe, au pouvoir à Rangoun à la tête de la junte.

L’Humanité

Libérez Aung San Suu Kyi !


La Prix Nobel de la paix, qui a fêté dimanche son soixantième anniversaire, est toujours assignée en résidence et vit dans l’isolement. Aung San Suu Kyi, assignée à résidence à Rangoun et privée de liberté depuis mai 2003, a fêté hier son 60e anniversaire. La prix Nobel de la paix totalise une dizaine d’années de privation de liberté depuis qu’elle a entamé son combat en faveur de la démocratie, en 1988. Elle vit dans un quasi-isolement. « Des soldats armés postés derrière une barricade de barbelés détournent chaque visiteur à l’entrée de chacune des rues qui conduisent chez elle, déclare l’organisation Info-Birmanie. Le régime maintient sa ligne téléphonique coupée. » Personne ne peut plus communiquer avec elle depuis le 30 mai 2003. À cette date, la junte militaire a tenté de l’assassiner lors de l’attaque de son convoi à Depayin, qui a fait plus de 100 morts. La secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie a été arrêtée et détenue au secret soi-disant « pour assurer sa sécurité ». Elle est réapparue quatre mois plus tard pour une opération chirurgicale. Mais tout contact avec ses amis est rompu. « Le Conseil d’État pour la paix et le développement [SPDC] s’acharne depuis quinze ans à isoler Aung San Suu Kyi. Les généraux veulent que le monde l’oublie », estime Info-Birmanie. « Elle représente la menace principale au régime militaire, et les craintes pour sa sécurité redoublent depuis l’interdiction de visite hebdomadaire infligée à son médecin personnel et les attentats du 7 mai 2005. » À l’occasion de son soixantième anniversaire, les appels se sont multipliés pour demander sa libération. Dans une déclaration publiée au sommet de Bruxelles, l’Union européenne a demandé aux autorités birmanes « de la libérer immédiatement », de même que « tous les autres prisonniers politiques ». <>Un appel intitulé « Notre liberté doit servir la sienne » a été publié ce week-end dans la presse internationale, signé de très nombreuses personnalités. Parmi les signataires, tous docteurs honoris causa de l’université catholique de Louvain, en Belgique, comme Mme Suu Kyi, figurent la procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, les écrivains Michel Serres et Aamin Malouf, ou le cinéaste Wim Wenders. Ils recommandent « trois mesures concrètes : des sanctions économiques (contre la Birmanie), une intervention du Conseil de sécurité de l’ONU et une plus grande vigilance de la part de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) ».
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, a envoyé un message à Aung San Suu Kyi pour l’assurer de « toute sa solidarité ». Elle demande la libération de l’opposante birmane et du journaliste Win Tin, parrainé par l’Humanité, embastillé depuis quinze ans, et elle appelle la communauté internationale et le gouvernement français « à agir le plus clairement et fortement possible en faveur des changements démocratiques nécessaires » en Birmanie. DB.

BIRMANIE : Toujours assignée à résidence, Aung San Suu Kyi a 60 ans aujourd'hui

le Prix Nobel de la paix birman sombre dans l'oubli

Le Figaro de notre envoyée spéciale F.M.(Bangkok) le 18 juin 2005

Une fois encore, la voix d'Aung San Suu Kyi s'est tue. La figure de proue de la lutte contre la dictature birmane, qui fête ses 60 ans demain, est enfermée dans sa vieille bâtisse du 54, University Avenue, sur les rives du lac Inya, au coeur de Rangoon. Elle n'a pas fait d'apparition publique depuis le 30 mai 2003, lorsque son convoi est tombé dans une embuscade au nord du pays, tendue par des voyous à la solde de la junte militaire au pouvoir.

Personne ne sait rien de ses conditions de vie, sinon qu'elle est réduite à la plus extrême solitude. «Pas un mot, rien ne filtre de cette maison», explique Win Thein, journaliste à La Voix démocratique de la Birmanie, une radio d'opposition basée à Oslo. Les généraux qui l'ont assignée à résidence pour la troisième fois depuis le début de son combat en faveur de la démocratie, en 1988, ont réduit la garde de fidèles dont elle disposait : seule une cuisinière est restée à ses côtés. Son médecin, qui faisait le lien avec le monde extérieur et notamment avec les diplomates basés à Rangoon, ne peut plus lui rendre visite qu'une fois par mois et il est scrupuleusement fouillé par les sentinelles en faction. Les deux membres de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, qui la ravitaillent, n'ont pas le droit de franchir les grilles de la propriété, dont le jardin s'est transformé en véritable jungle. Sa ligne de téléphone est coupée. Et l'accès aux médias internationaux, qui étaient son principal porte-voix, lui est interdit. Bref, quatorze ans après avoir reçu le prix Nobel de la paix, «la dame de Rangoon» sombre dans l'oubli. Pour tenter de sortir cette femme frêle et courageuse de l'isolement, les lauréats du prix Nobel de la paix appellent à lever cette assignation à résidence et à libérer les 1 700 prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles birmanes. Dans une «lettre ouverte à l'occasion du soixantième anniversaire de Suu Kyi», les «Nobel» écrivent : «Nous savons par expérience que la tyrannie ne s'arrête pas d'elle-même. La liberté doit être exigée et défendue par ceux qui en ont été privés et qui sont libres maintenant.» «Tant qu'elle ne sera pas libre, aucun de nous ne le sera pas vraiment», insiste l'archevêque sud-africain Desmond Tutu. Des manifestations de soutien sont prévues demain devant les ambassades de Birmanie de seize capitales.

Tout comme les pressions et les sanctions économiques européennes et américaines, ces manifestations n'ont que peu de chances d'aboutir à sa libération : quinze ans après les élections législatives de 1990, remportées haut la main par le parti d'Aung San Suu Kyi et annulées pour cette raison, les généraux qui dirigent le pays ne desserrent pas l'étau. Les gradés de Rangoon font tout pour briser la «sorcière de la démocratie». Ils l'ont insultée, calomniée. Ils ont diffusé des affiches obscènes lui attribuant des moeurs sexuelles dépravées. Ils l'ont séparée de ses enfants : quand elle est assignée à résidence pour la première fois en 1989, son fils aîné a 16 ans, le cadet 12 ans. Elle a dû renoncer à les voir grandir.

Elle n'a pas été autorisée à revoir son mari, un universitaire britannique, spécialiste du bouddhisme tibétain, avant sa mort à Oxford en mars 1999. Ce jour-là, elle doit se contenter d'une cérémonie bouddhique chez elle, entourée de quelques amis et de diplomates. Quand un bonze lui rappelle que «l'essence du bouddhisme est de traiter la tristesse par la sérénité», des larmes roulent sur ses joues creuses. C'est l'unique fois où elle a pleuré en public. «D'autres Birmans souffrent plus que moi de ce régime», trouve-t-elle la force de dire. Quand ses bourreaux la condamnent à la solitude, elle établit un programme strict de gymnastique, de méditation, d'étude et de piano, cultive les «petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité», avait-elle expliqué au Figaro en 1999 lors d'un de ses brefs moments de semi-liberté.

Elle aurait pu mettre un terme à son supplice en choisissant l'exil. Mais elle s'entête à rester. Car celle qui menait une vie confortable en Grande-Bretagne jusqu'en 1988 est avant tout la fille du général Aung San, héros de la guerre d'indépendance, «l'héritière d'un destin paternel brutalement interrompu» alors qu'elle n'avait que deux ans. Pour tout un peuple opprimé par plus de quarante ans de dictature, l'héroïne des manifestations de 1988, sauvagement réprimées par l'armée, incarne l'espoir, «la lumière dans les ténèbres». Elle pique chaque jour dans son chignon la fleur blanche de la victoire.

Communiqué de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH)
le 17/06/2005 

Aung San Suu Kyi a soixante ans...

Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, aura soixante ans le 19 juin. Elle est toujours assignée à résidence en Birmanie, et ce depuis le mois de mai 2003. En tout, cela fait plus de neuf ans que la Secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d’opposition en Birmanie, est privée de liberté.

Malheureusement, le régime militaire en place depuis 1988 n’a aucune volonté de démocratiser le pays : en mai 2004, une feuille de route a été proposée par le Premier ministre de l’époque, prévoyant notamment de réunir à nouveau la Convention nationale destinée à rédiger une nouvelle Constitution pour le pays. Cette enceinte voyait ses travaux suspendus depuis sept ans. Ce processus est désormais illusoire et a été une nouvelle fois suspendu en juillet 2004 puis, après une nouvelle reprise, en mars 2005. Les nombreuses critiques relatives à sa composition et à ses règles de fonctionnement non démocratiques n’ont pas été prises en compte par la junte.

Les trois attentats perpétrés à Rangoon le 7 mai 2005 contre la population civile, que la FIDH condamne, laissent cependant penser que le régime est divisé, en particulier depuis l’arrestation de l’ancien premier ministre Khin Nyunt, en octobre 2004. De nombreux observateurs pensent en effet qu’il s’est agi d’un règlement de compte entre différentes factions de la junte.

En Birmanie, les violations des droits de l’Homme restent graves et systématiques : les geôles birmanes comptent encore plus de 1300 prisonniers politiques, le travail forcé reste une pratique courante encore récemment condamnée par l’Organisation internationale du travail, et les enfants soldats sont légion en Birmanie.

La FIDH reste convaincue que la meilleure façon de soutenir les démocrates birmans, dont Aung San Suu Kyi est le chef de file, est de maintenir la pression sur la junte militaire, y compris en demandant un renforcement des sanctions à son encontre.

La FIDH soutient l’opération d’envoi de cartes d’anniversaire à Aung San Suu Kyi. Même si les lettres sont interceptées par les généraux birmans, ils sauront ainsi que le monde observe avec attention le sort réservé à Aung San Suu Kyi !

Vous pouvez dès à présent signer la carte d’anniversaire (dans sa version électronique) sur le site d’Actions Birmanie : http://www.birmanie.net/

BON ANNIVERSAIRE, AUNG SAN SUU KYI
Aung San Suu Kyi, 60 ans, toujours assignée à résidence

par Micheline Carrier

« La vérité, la justice et la compassion sont souvent les seules défenses contre le pouvoir impitoyable » (Aung San Suu Kyi, assignée à demeure depuis 10 ans par la junte militaire en Birmanie).<