Crise monétaire en Birmanie
En avril, le gén. Than Shwe a décidé
d'augmenter de 1000% le salaire des membres de son gouvernement
ce qui va provoquer une crise majeure en Birmanie et qui équivaut
à une démonétisation, telle celle de
1988.
Le Kyat se négocie actuellement à un peu plus
de 1'200 pour 1$ et d'ici quelques jours sera négocié
à 1400.
Les prix ont augmenté déjà de plus de
10% et le fuel se trouve au marché noir pour 2,5$ le
gallon.
Le 28-29 avril : Condamnation unanime de la plus vaste
offensive militaire lancée par la junte à l'encontre
des opposants Karens
L'Union européenne, les Etats-Unis (parlementaires
et Département d'Etat), et plusieurs organisations
internationales des droits de l'homme, dont Human Rights Watch,
ont condamné les attaques récentes menées
par la junte contre le peule Karen et l'accusent d'épuration
ethnique à son égard. Ils exhortent le Conseil
de sécurité de l'ONU à prendre des mesures
urgentes contre la junte et le Département d'Etat a
condamné les attaques récentes.
Les troupes de la junte conduisent depuis novembre la campagne
militaire la plus agressive des 50 dernières années,
ciblant en particulier la population Karen, environ 8 millions.
Depuis novembre dernier, cette offensive a jeté sur
les routes au moins 11.000 villageois karen, selon l'ONG Free
Burma Rangers. L'armée a brûlé des villages,
détruit des rizières et tué des civils
dans les régions nord et ouest de l'Etat Kayin, a ajouté
ce groupe. Pendant ces dernières semaines, plus de
15000 karens, civils de tous âges, en fuite, sont parvenus
à atteindre des camps en Thaïlande pour échapper
à ces brutalités. Des milliers d'autres se cachent
dans les forêts. Le régime birman dément
qu'une offensive soit en cours et que ses troupes aient violé
les droits de l'Homme.
Trois hypothèses sont avancées pour expliquer
l'ampleur de l'attaque :
- La montée en puissance des "durs" de la
junte a "eu pour conséquence une augmentation
des hostilités envers les minorités ethniques"
depuis l'éviction en 2004 du No2 de la junte Khin Nyunt,
qui avait négocié des cessez-le-feu avec 17
mouvements rebelles issus des minorités ethniques,
(Human Rights Watch dans son rapport 2006)
- L'emplacement de la nouvelle capitale du pays, au centre-est
du pays, proche du territoire karen
- Le nouveau statut de nation pétrolière et
gazière auquel a accédé la Birmanie en
ce début de siècle (très importants gisements
de gaz en off shore de la côte de l'Arakan découvert
en janvier 2006, ajoutés à ceux qui sont exploités
depuis 1999, de l'estuaire de l'Irrawaddy à l'extrême
Sud de la frontière avec la Thaïlande). Les investissements
étrangers totaux de plus d'un milliard de dollars dans
deux projets gaziers en pays karen pourraient expliquer pourquoi,
depuis quelques mois, le général Than Shwe a
lancé une offensive générale sans merci
contre les Karen.
Il s'agirait, pour le gouvernement militaire, de faire place
nette dans une région hostile, en mettant fin aux activités
des Karen désignés comme " rebelles "
et " terroristes " et qui constituent une menace
sur les oléoducs et installations pétrolières
et gazières construites pour l'exploration.
En dépit des critiques et des condamnations qui se
sont multipliées à son encontre au sein de l'Asean
et des Nations unies, les généraux birmans poursuivent
l'offensive, conscients de l'importance accrue que leur pays
revêt dans le Sud-Est asiatique. Au moins deux membres
permanents du Conseil de sécurité, la Chine
et la Russie, ont besoin de la Birmanie dans l'accomplissement
de leurs stratégies géopolitique et économique.
Ainsi, ils ne voteront pas de sanctions.
Le 28-29 avril : La junte a menacé d'inclure la
LND sur la liste des " organisations terroristes ",
ce qui pourrait entraîner son interdiction
Le principal parti d'opposition du Prix Nobel de la Paix
Aung San Suu Kyi, la LND, est menacé de dissolution.
Le 28 avril, le ministre birman de l'information, le général
Kyaw Hsan, a lié ce parti à " des groupes
terroristes ".
" Le gouvernement dispose de preuves fortes et irréfutables
selon lesquelles la LND a été impliquée
avec des groupes anti-gouvernementaux, ainsi qu'avec des groupes
terroristes, ce qui justifierait qu'elle soit déclarée
illégale ", a affirmé le général,
ajoutant toutefois, pour l'heure, " nous avons décidé
de la laisser fonctionner ".
Selon un diplomate occidental, cette déclaration constituait,
, un " premier avertissement ", l'interdiction de
la LND n'était qu'une " question de temps ".
Un autre diplomate a parlé d'un " tour de vis
supplémentaire ", d'une " menace " explicite
qui " peut se terminer par l'inscription de la LND sur
la liste des organisations terroristes ". Il estime ainsi
que le " dialogue de sourds " se poursuit entre
la junte et l'opposition. Le ministre de l'Information avait
rejeté une proposition lancée en février
par la LND en vue d'un partage du pouvoir qui constituerait
une transition vers la démocratie. " C'est simplement
un fantasme, une ruse pour servir leurs intérêts
", a-t-il affirmé. Il avait toutefois ajouté
que le gouvernement avait décidé de "laisser
fonctionner" la LND.
La LND a immédiatement rejeté ces accusations
de liens avec des groupes terroristes : " Nous rejetons
l'accusation de liens avec des groupes terroristes. C'est
totalement faux ", a dit à l'AFP Nyan Win, un
porte-parole de la Ligue Nationale pour la Démocratie.
Le 21 avril : Frustration partagée à l'encontre
de la junte birmane chez l'UE et l'Asean
Javier Solana, Haut représentant pour la politique
extérieure de l'UE, a exprimé à Jakarta
la même frustration que celle de l'Asean à l'encontre
des généraux birmans qui ne montrent aucune
volonté politique pour amener le pays sur la voie démocratique.
" Nous pensons qu'il nous faut étudier ensemble
comment faire évoluer la Birmanie dans la direction
vers laquelle elle est censée évoluer ",
a déclaré M. Solana.
Trois jours avant, réunis de manière informelle
à Ubud, ville située sur l'île indonésienne
de Bali, les ministres des Affaires étrangères
de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) s'étaient
penchés sur le processus de démocratisation
en Birmanie. Ils se sont appuyés sur le rapport de
leur collègue malaisien, Syed Hamid Albar, qui s'est
rendu le mois dernier en Birmanie pour évaluer les
progrès de la "feuille de route vers la démocratie"
présentée par la junte militaire au pouvoir.
Le secrétaire général de l'Asean, Ong
Keng Yong, a concédé qu'il existait une "certaine
impatience" parmi les membres de l'organisation au sujet
du manque de progrès en Birmanie. L'Asean a estimé
que la Chine et l'Inde sont les deux puissances qui ont "davantage
de prise" et doivent "faire levier" sur la
Birmanie.
De son côté, le 9 avril dernier, l'émissaire
de l'Asean, Syed Hamid Albar, avait estimé que isoler
la Birmanie, afin de la contraindre à respecter les
droits de l'homme, serait une stratégie inefficace
: "Si nous agissons de manière à isoler
la Birmanie, cela ne sera en rien bénéfique
car nous voulons voir une participation de la population.
Si nous isolons (la Birmanie), cela aura un impact négatif
plus important sur la population que sur la junte militaire"
au pouvoir à Rangoun.
Le 10 avril : La Birmanie et la Corée du Nord renouent
diplomatiquement
Dans sa quête de relations amicales avec les pays asiatiques,
notamment la Chine, l'Inde et la Russie, la junte birmane
a décidé de rétablir des relations diplomatiques
avec la Corée du Nord, liens rompus en 1983.
La Corée du Nord est à la recherche de fournisseurs
d'hydrocarbures sous forme de pétrole et de gaz. La
Birmanie a de son côté besoin d'armements qu'elle
ne peut trouver en Occident en raison du blocus. Elle compte
donc sur la Corée du Nord, comme sur la Russie et sur
la Chine, pour lui en fournir.
Par ailleurs, ce pays nucléaire est susceptible d'apporter
à la junte une assistance technique dans ce domaine
énergétique. Et ainsi lui apporter l'avantage
de disposer alternativement d'une assistance scientifique
supplémentaire.
Du 2 au 9 avril : 1ère visite birmane en Russie
depuis 40 ans : pétrole birman contre armes russes
A l'invitation du président de la fédération
de Russie, qui cherche à développer des relations
amicales avec les pays asiatiques, une délégation
conduite par le général Maung Aye, numéro
deux du régime birman, s'est rendue à Moscou
pour une visite officielle d'une semaine. Les divers entretiens
se sont conclus par la signature de plusieurs accords de coopération,
notamment un sur le pétrole birman en échange
d'armes russes, signé entre la société
russe Zarubejneft et le ministère de l'Énergie
du Myanmar.
Un " mémorandum de compréhension mutuelle"
sur la coopération stratégique dans le secteur
des hydrocarbures et du gaz a été adopté.
À cette occasion, le général Maung Aye
a estimé que la coopération économique
et commerciale entre la Russie et le Myanmar présentait
un grand potentiel. "Nous invitons les entreprises russes
à investir dans notre économie", avait
exprimé le chef de la délégation birmane.
"La Russie échange ses armes contre des réserves
naturelles utiles", a titré le journal russe Kommersant.
"En échange de ses armes, la Birmanie s'est dite
prête à autoriser la Russie à participer
à l'exploitation de ses hydrocarbures", explique
le journal. Alors que les agences russes n'évoquent
que la signature du mémorandum, il précise que
"lors des discussions ont été abordées
les conditions de la livraison à la Birmanie de matériels
militaires russes".
Par ailleurs, le journal observe que cette visite "
survient tout de suite après la récente tournée
du président russe Vladimir Poutine en Chine "
et l'analyse ainsi comme " avant tout le signe d'une
entente politique, dans la ligne du rapprochement croissant
entre Moscou et Pékin ". Kommersant conclut qu'"
en armant le régime birman, la Russie assure non seulement
la stabilité de celui-ci, mais la sécurité
énergétique de la Chine, de plus en plus impliquée
dans la compétition pour les gisements d'hydrocarbures
de Birmanie ".
ARTICLE
" De la difficulté d'être à la
fois musulman et birman "
Courrier international - n° 803 - 23 mars 2006
Principalement originaire du sous-continent indien, la population
birmane musulmane subit de nombreuses discriminations. Par
réaction, elle se replie sur elle-même, notamment
en créant ses propres écoles.
Les Birmans ont coutume de dire qu'il ne faut pas s'en faire
si l'on perd le contrôle de sa bicyclette dans l'Arakan,
Etat occidental du pays, car elle s'arrêtera contre
un kala. Kala est un mot familier qui désigne les personnes
étrangères ou qui viennent de l'extérieur,
et, bien que les Caucasiens soient parfois qualifiés
de kala blancs, ce vocable s'applique plus communément
à des individus à la peau foncée, en
général d'origine indienne. Si l'usage de ce
terme laisse certains indifférents, d'autres le jugent
offensant et avilissant - une véritable insulte pour
des personnes dont les ancêtres se sont battus pour
le pays et qui se considèrent comme des Birmans à
part entière. De quelque manière que l'on considère
ce terme, les musulmans originaires du sous-continent indien
- il y a aussi une petite communauté de musulmans chinois,
les Panthays, qui viennent de la province méridionale
du Yunnan - n'en sont pas moins traités comme des étrangers.
Certains bouddhistes affirment que les musulmans refusent
de s'intégrer et se moquent de leurs pratiques religieuses.
D'autres parlent, en vous regardant droit dans les yeux, d'un
vaste plan musulman visant à convertir les femmes à
l'islam, à élever les enfants dans cette religion
et à contrôler ainsi le pays. Un chauffeur de
taxi bouddhiste de Rangoon a levé les yeux au ciel
quand je lui ai demandé s'il aimait les musulmans.
" Ils tuent le bétail ", m'a-t-il répondu,
faisant allusion à l'Ai d El-Adha, la fête musulmane
du Sacrifice. " Ils le tuent, alors que nous en avons
besoin pour travailler dans les rizières ".
" Il est certain que notre image n'est pas bonne ",
reconnaît Ahmed, chef spirituel d'une mosquée
du centre de Rangoon, à la fin des prières du
vendredi. " Nous recommandons aux membres de la communauté
de se montrer discrets pour ne pas choquer, mais je pense
que nous poussons parfois les autres à nous considérer
comme des étrangers : par la manière dont certains
d'entre nous s'habillent, par notre langage, nos activités.
Nous sommes en partie responsables. "
Le gouvernement rendu responsable de la violence
La situation des musulmans dans le pays s'est nettement détériorée
lorsque le général Ne Win s'est emparé
du pouvoir, en 1962, à la faveur d'une vague de nationalisme.
Chassés du gouvernement et de l'armée, ils se
sont trouvés marginalisés. Selon un rapport
de 2002 de l'ONG américaine Human Rights Watch, Répression
contre les musulmans du Myanmar [http://hrw.org/backgrounder/asia/burma-bck.htm],
" Il n'y a pas de directive écrite qui [leur]
interdise l'accès au gouvernement ou la promotion au
sein de celui-ci [
], mais c'est ce qui se produit dans
la pratique ".
" Il y a incontestablement une discrimination sur les
lieux de travail ", affirme Aesop, un homme d'affaires
musulman. " Il n'y a pas de musulman proviseur de lycée,
directeur d'entreprise ou professeur. Dans l'armée,
ils sont sergents et caporaux, mais on ne trouve aucun musulman
dans les grades plus élevés ". Si les services
de l'administration sont généralement lents,
de nombreux musulmans ont le sentiment qu'ils le sont encore
plus dans leur cas. " On nous prive de nos droits de
citoyens. On confisque nos cartes d'identité - qui
indiquent que nous sommes musulmans - ou l'on refuse de nous
en délivrer une. Or, sans papiers d'identité,
vous ne pouvez ni voyager, ni faire des affaires, ni étudier.
C'est une forme de nettoyage ethnique. "
Un article paru le 2 décembre 2005 dans le journal
gouvernemental The New Light of Myanmar sous le titre "
Le Myanmar, un pays où tous les citoyens jouissent
de la liberté de culte " fait beaucoup de battage
autour des relations cordiales que le pays entretient avec
sa communauté musulmane, qui représente officiellement
3,78 % de la population, mais 16 % selon d'autres estimations.
Si cette version cadre parfaitement avec les grandes lignes
de la Convention constitutionnelle en vigueur, qui souscrit
à " la liberté de conscience et au droit
d'adhérer à une religion et de la pratiquer
à condition de respecter l'ordre public, la morale
et la santé ", elle surprend ceux qui rendent
le gouvernement responsable des vagues de violence dont les
musulmans pâtissent ces dernières années.
Le rapport de Human Rights Watch présente un compte-rendu
détaillé des événements de 2001,
quand des foules en colère ont lancé des attaques
à Sittwe, à Taungoo et à Prome contre
des maisons et des commerces de musulmans ainsi que des mosquées.
La plupart de ces actes, qui se sont soldés par des
dizaines de morts et des centaines de bâtiments détruits,
ont été attribués à des moines
bouddhistes, même si des rapports fiables donnent à
penser que les meneurs étaient des agents du gouvernement
qui avaient pour mission de semer le désordre.
De jour en jour, les musulmans ont ainsi été
amenés à se couper de la société,
à devenir plus autonomes, plus repliés sur eux-mêmes.
Mahmood, qui est chauffeur de bus, envoie son fils dans une
école musulmane, où il étudie quotidiennement
le Coran. Bien que lui-même ne soit pas un pratiquant
particulièrement fervent, il a la charge d'une jeune
famille et n'a pas les moyens de payer à tous ses enfants
une éducation dans des établissements publics.
L'école coranique est financée par un groupe
d'entreprises privées saoudiennes et l'enseignement
y est gratuit pour tous les enfants ayant des notions de l'islam.
" Je suis si heureux pour mon fils, confie Mahmood. Son
avenir est assuré. "
Les jeunes musulmans rejoignent les guérillas
Les écoles musulmanes financées par des sources
étrangères privées sont de plus en plus
nombreuses à Rangoon. Elles sont d'autant plus attrayantes
que l'économie du pays est ruinée et le système
d'enseignement en déliquescence [les universités
sont régulièrement fermées depuis les
insurrections de 1988]. L'image de musulmans " se débrouillant
par eux-mêmes " fait elle aussi de plus en plus
d'adeptes. " On entend parler de bouddhistes pauvres
qui se convertissent à l'islam pour profiter des services
funéraires gratuits offerts par les mosquées
", indique un journaliste de Rangoon. " Au point
que les organisations bouddhistes se mettent elles aussi à
offrir ces services. "
On pourrait croire que, privés de citoyenneté,
victimes d'entraves à la liberté religieuse
et de discriminations professionnelles, en proie à
un sentiment croissant d'exclusion, les musulmans birmans
sont des proies faciles pour les groupes extrémistes
actifs dans la région. Mais, pour le moment, les jeunes
musulmans mécontents ont plutôt tendance à
fuir les villes et à rejoindre des groupes ethniques.
L'Union des Birmans musulmans, que le gouvernement a coutume
de présenter comme des " rebelles terroristes
musulmans ", oeuvre aux côtés de l'Union
nationale karen, un mouvement essentiellement laïc, et,
même si elle a vu augmenter ses effectifs après
les émeutes antimusulmanes des années 1980,
elle demeure une force mineure.
Il semble donc qu'à l'heure actuelle il n'y ait pas
de groupes extrémistes musulmans au Myanmar. Mais,
au dire de beaucoup, ce n'est qu'une question de temps. "
Si l'on continue à nous persécuter, fait remarquer
Ahmed, le Myanmar pourrait devenir un vivier de terroristes.
"
Harry Priestley
The Irrawaddy
Histoire
Les premiers musulmans à s'installer sur les pentes
de l'Arakan, chaîne montagneuse située au bord
de l'océan Indien, sont des marins perses ou arabes
arrivés aux VIIIe et IXe siècles. Aux XIIe et
XIIIe siècles, de nouveaux navigateurs viennent s'établir
sur ces côtes et sont rejoints par les rohingyas, des
musulmans originaires du Bangladesh d'aujourd'hui.
REFUGIES
Victimes d'isolement et de discrimination
Dans un rapport d'octobre 2005, la Commission islamique des
droits de l'homme, une organisation non gouvernementale installée
à Londres, souligne l'isolement profond de la communauté
musulmane du Myanmar. Le rapport insiste sur la situation
des musulmans de l'Etat d'Arakan, à l'ouest du pays,
poussés à l'exil vers le Bangladesh voisin pour
échapper à la répression. Mais, comme
le relève le mensuel The Irrawaddy, les musulmans des
Etats Mon et Karen de l'Est, à la frontière
thaïlandaise, partent également se réfugier
chez le voisin pour fuir les combats qui opposent guérillas
et militaires de l'armée birmane. Dans la ville thaïlandaise
de Mae Sot, " environ 30 000 Birmans musulmans vivent
dans des camps de réfugiés. Mais les restrictions
sur les déplacements et sur l'emploi font de la vie
dans ces camps un choix peu attrayant pour la communauté
musulmane. " Nombre d'entre-eux préfèrent
s'installer au centre ville, dans " le dédale
d'allées qui bordent la mosquée Bangalawalay.
"
La majorité des réfugiés ne reçoivent
aucun soutien et " les mosquées constituent la
principale source d'aide et servent de point de ralliement
culturel et religieux des membres de la communauté
". L'insurrection dans les Etats islamisés du
Sud accentue la méfiance des autorités thaïlandaises
à l'égard des réfugiés musulmans.
Selon The Irrawaddy, " les violences dans le Sud ont
affecté la communauté musulmane de Mae Sot.
L'augmentation de la population musulmane a attiré
l'attention des autorités, inquiètes à
l'idée que l'insurrection s'étende à
de nouvelles zones. Des religieux soulignent que de nombreux
agents des services secrets thaïlandais rendent de fréquentes
visites aux mosquées pour surveiller les activités
des fidèles et les interroger sur des contacts possibles
avec des groupes militants opérant dans d'autres parties
du pays. " Mais, comme tous les autres réfugiés
birmans, le magazine souligne qu'ils n'aspirent qu'à
retourner dans " une Birmanie libre ".