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Avant le Xe siècle - Royaume Pyu. La région est peuplée de différentes tribus, originaires du Tibet, du Yunnan ou de Thaïlande.
XIe siècle - Le premier empire unifié est fondé par les Mon. Pagan sera la capitale du royaume de 1044 jusqu’à sa destruction en 1287.
XIIIe siècle - Le royaume Mon tombe aux mains des armées mongoles. Une partie de la Birmanie subit ensuite la domination des Shan, puis à nouveau celle des Mon.
XVIe siècle - Les Birmans dominent le pays. La dernière dynastie birmane est fondée au XVIIIe siécle.
1824-1826 - Les Britanniques déclenchent la première guerre anglo-birmane et prennent le contrôle du sud du pays.
1852-1855 - Seconde guerre anglo-birmane. Toute la Birmanie est annexée.
1886 - La Birmanie devient une province de l’Empire des Indes. Les Anglais divisent le pays en deux : la plaine centrale, d’une part, où vivent les Birmans, et « le fer à cheval » qui l’encercle, d’autre part, où vivent les minorités ethniques – sur lesquelles ils s’appuient pour mieux contrôler l’intérieur du pays, ce qui leur vaudra la fidélité de celles-ci pendant la guerre d’indépendance.
1920 - Les étudiants de l’université de Rangoon organisent les premiers mouvements de protestation indépendantistes.
1930 - Révolte paysanne. Naissance du mouvement nationaliste Dobhama Asi-Ayone (nous, Birmans), dont les membres prennent le titre de Thakin, les maîtres, en signe de défi au colonisateur.
1936 - Mouvement étudiant contre l’expulsion de l’université de Aung San et U Nu, qui devaient devenir respectivement le père de l’indépendance et le premier dirigeant du pays indépendant. Les deux leaders et les autres chefs nationalistes, les « trente camarades », sont invités au Japon pour une formation militaire.
Ils créent l’armée de l’indépendance birmane.
1942 - Les Japonais entrent en Birmanie avec l’armée de l’indépendance birmane, commandée par Aung San. La plupart des minorités ethniques soutiennent les Anglais.
1943 - Aung San est ministre de la Guerre de la Birmanie indépendante occupée par les Japonais.
27 mars 1945 - L’armée birmane se soulève contre les Japonais.
19 juin 1945 - Aung San Suu Kyi, fille d’Aung San, naît à Rangoon.
19 juillet 1947 - Six mois après la signature de l’accord d’Indépendance, Aung San est assassiné en même temps que six autres membres de son cabinet.
4 janvier 1948 - Proclamation de l’indépendance de la Birmanie. Naissance de l’Union de la Birmanie, dont U Nu est le Premier ministre jusqu’en 1962. Le pays connaît une relative prospérité : il est le premier exportateur de riz d’Asie du Sud-Est, son système éducatif est réputé.
5 janvier 1948 - Début de la guérilla karen.
Les minorités ethniques se sentent flouées par la constitution, qui néglige leur volonté d’indépendance.
1958 - La guerre civile faisant de plus en plus de victimes, et des tensions internes apparaissant au sein du parti au pouvoir, U Nu confie la gestion d’un gouvernement provisoire au général Ne Win, un autre des trente camarades. Il sera néanmoins réélu en 1960.
1960 - Aung San Suu Kyi quitte la Birmanie avec sa mère, Daw Khin Kyi, nommée ambassadrice à Delhi.
2 mars 1962 - Ne Win prend le pouvoir par un coup d’État. U Nu et des centaines d’opposants sont arrêtés, des manifestations tournent au bain de sang. La constitution adoptée en 1948 est abolie. Le pays s’engage dans la « voie birmane vers le socialisme ». Les principaux secteurs de l’économie sont étatisés.
20 mars 1964 - Le BSPP (le Parti du programme socialiste birman) devient parti unique.
1964-1967 - Aung San Suu Kyi obtient une licence en philosophie, politique et économie au St. Hugh’s College (université d’Oxford).
1972 - Aung San Suu Kyi occupe un poste de chercheur au ministère des Affaires étrangères du Bhoutan et se marie avec un Anglais, Michael Aris.
1974 - Promulgation de la nouvelle constitution, naissance de la République socialiste de l’Union de Birmanie. La moitié du budget de l’État est allouée à l’armée.
1975 - Regroupement des mouvements ethniques, en désaccord avec le pouvoir central, dans un Front démocratique national.
1987 - Alors que le pays rejoint la liste des pays les moins avancés, Ne Win, sur le conseil de ses numérologues, remplace du jour au lendemain, et sans compensation, les trois quarts de la monnaie par des billets dont le montant est un multiple de 9, son chiffre porte-bonheur. Les économies de toute une vie se volatilisent, beaucoup de Birmans sombrent dans la misère.
De mars à juin 1988 - Des manifestations surviennent, d’abord à Rangoon, puis dans tout le pays.
La répression est brutale. Aung San Suu Kyi rentre en Birmanie en mars pour se rendre au chevet de sa mère souffrante à Rangoon.
Juillet 1988 - Un congrès extraordinaire du BSPP reconnaît la faillite du pays. Ne Win quitte le pouvoir.
8 août 1988 (8-8-88) - Les manifestations de mécontentement, réclamant l’avènement de la démocratie, voient défiler des millions de personnes dans le pays tout entier. Une fois de plus, elles sont réprimées. Il y aura entre 3 000 et 4 000 morts ce jour-là, et plus de 10 000 sur l’ensemble du mouvement.
Des milliers de personnes sont arrêtées.
26 août 1988 - Premier discours public d’Aung San Suu Kyi à la pagode Shwedagon, devant 500 000 personnes.
La fille du héros national devient instantanément un leader naturel dans un pays qui connaît la dictature depuis vingt-six ans.
18 septembre 1988 - La junte se maintient au pouvoir en abrogeant la constitution de 1974 et en créant le SLORC (Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre).
La Birmanie devient le Myanmar, et Rangoon s’orthographie dorénavant Yangoon. L’opposition démocratique n’a jamais reconnu ces nouvelles appellations.
27 septembre 1988 - Fondation de la NLD (Ligue nationale pour la démocratie). Aung San Suu Kyi en est élue secrétaire générale.
18 juillet 1989 - Abrogation du système judiciaire et institution des tribunaux militaires.
20 juillet 1989 - Après avoir tenu des dizaines de meetings publics, Aung San Suu Kyi, en vertu de la nouvelle loi martiale, est assignée à résidence pour une durée de trois ans.
Elle est accusée de porter atteinte à la sûreté de l’État.
27 mai 1990 - La Ligue nationale pour la démocratie obtient 82 % des sièges aux élections législatives générales organisées par les militaires (les premières depuis 1960). Ceux-ci refusent de transférer le pouvoir, et ne laissent pas siéger l’assemblée nouvellement élue.
18 décembre 1990 - Suite au blocage de la situation, les forces démocratiques forment un gouvernement en exil, le National Coalition Government Union of Burma (NCGUB).
19 décembre 1990 - En réponse à une intervention personnelle du secrétaire général de l’ONU, Javier Perez de Cuellar, réclamant la libération d’Aung San Suu Kyi, le SLORC déclare que, si elle le souhaite, elle sera autorisée à rejoindre sa famille en Angleterre. Craignant de ne jamais pouvoir revenir, elle refuse.
10 juillet 1991 - Le Parlement européen lui décerne le prix Sakharov (attribué pour la défense des droits de l’homme).
14 octobre 1991 - Aung San Suu Kyi se voit décerner le prix Nobel de la paix.
2 février 1994 - Signature du contrat entre Total et la junte militaire pour l’exploitation de gaz naturel en mer d’Andaman.
Le groupe français investit 1,2 milliards de dollars.
20 septembre 1994 - Le général Than Shwe (Président du SLORC et Premier ministre du gouvernement) et le lieutenant-général Khin Nyunt (chef des services de renseignements de l’armée) rencontrent Aung San Suu Kyi (toujours en résidence surveillée) à son domicile.
10 juillet 1995 - Aung San Suu Kyi est libérée.
La mesure d’assignation à résidence qui la frappait est ainsi levée grâce à la pression internationale.
11 juillet 1995 - Aung San Suu Kyi déclare à la presse qu’elle continue sa lutte pour la démocratie et qu’elle invite les généraux à entamer le dialogue ; elle demande aux investisseurs étrangers d’attendre qu’un système démocratique soit mis en place avant de s’implanter dans le pays.
Avril 1996 - Un rapport faisant état de l’usage de la torture et du travail forcé en Birmanie est présenté devant la commission des droits de l’homme des Nations unies.
Septembre 1996 - Les interventions publiques qu’Aung San Suu Kyi tenait devant son domicile les samedi et dimanche après-midi sont interdites pour cause de « trouble de l’ordre public ». Ces dernières attiraient entre huit et dix mille personnes. Des postes de contrôle de l’armée sont placés des deux côtés de l’avenue de l’Université, soit à deux cents mètres du domicile d’Aung San Suu Kyi qui se trouve de facto replacée en résidence surveillée.
1996-1997 - Les militaires lancent l’opération « Année du tourisme en Birmanie » (Visit Myanmar Year).
Mars 1997 - Le Conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail décide de créer une commission d’enquête sur les pratiques de travail forcé en Birmanie.
5 novembre 1997 - Dissolution, par proclamation, du Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre (SLORC) et constitution, par une autre proclamation, du Conseil d’État pour la paix et le développement (SPDC). Les douze commandants des régions militaires, ainsi que les chefs des forces navales et de l’air rejoignent les quatre leaders de la junte au sein de ce nouveau Conseil d’État.
Entre 1996 et 1999 - La junte militaire obtient des cessez-le-feu avec une quinzaine de groupes rebelles (Karen, Mon, Kachin, Shan).
1er janvier 1998 - La Birmanie devient membre de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN).
Juin 1998 - Plusieurs dizaines de membres de la NLD, élus en mai 1990, sont arrêtées.
14 juin 2000 - L’Organisation internationale du travail (OIT) adopte une résolution sans précédent visant à appliquer l’article 33 de la Constitution de l’OIT si le travail forcé n’est pas aboli au 30 novembre 2000 au Myanmar.
4 septembre 2000 - Aung San Suu Kyi est de nouveau assignée à résidence.
Fin 2000 - Le dialogue entre Aung San Suu Kyi et la junte, interrompu depuis 1994, est renoué dans le cadre de discussions préalables à l’instauration d’un dialogue politique. Ces discussions s’inscrivent dans une mission de médiation engagée en juillet 2000 par l’envoyé spécial pour la Birmanie du secrétaire général des Nations Unies.
6 mai 2002 - Aung San Suu Kyi est libérée sans condition.
26 août 2002 - TotalFinaElf est visée par une plainte pour « crime de séquestration » déposée auprès du tribunal de Nanterre. Les plaignants sont deux Birmans qui affirment avoir été « séquestrés » et « forcés » de travailler sur le chantier de construction du gazoduc.
5 décembre 2002 - Mort de Ne Win.
Avril 2003 - Le pouvoir militaire ne tenant pas ses promesses de dialogue avec l’opposition, Aung San Suu Kyi met en doute la sincérité de la junte. « Ils ne veulent pas le changement, mais le changement est inévitable » déclare-t-elle.
30 mai 2003 - Le convoi d’Aung San Suu Kyi, alors en tournée politique dans le nord du pays, est violemment attaqué par des forces à la solde du régime de Rangoun. Suite à cette détention, le prix Nobel de la paix est placé en détention dans un lieu tenu secret. Il s’ensuit un ample mouvement international de protestation.
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