Rohingya : la mission d’établissement des faits a commencé son enquête au Bangladesh

Paris, le 30 octobre 2017

Le 27 Octobre 2017, trois experts de la mission internationale indépendante d’établissement des faits mandatée par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies en mars dernier ont conclu une visite au Bangladesh. Les experts ont pu conduire des entretiens dans les camps de réfugiés et ont consulté des représentants du gouvernement bangladais ainsi que des diplomates et des organisations non gouvernementales. Marzuki Darusman, président de la mission, s’est déclaré « profondément troublé » par les témoignages des exactions commises dans le nord de l’état d’Arakan.

Entre fin Août et fin Octobre 2017, plus de 600,000 réfugiés, majoritairement issus de la minorité Rohingya, ont fui la Birmanie pour le Bangladesh après que des opérations de sécurité aient été lancées par l’armée à la suite d’attaques contre des postes de sécurité. Dans un rapport publié le 11 Octobre, une équipe du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme avait déjà collecté des témoignages faisant état d’abus commis « de manière très organisée, coordonnée et systématique ».[1] Depuis le 25 août 2017, Human Rights Watch et Amnesty International ont présenté des preuves démontrant que les forces de sécurité birmanes commettaient des crimes contre l’humanité à l’encontre de la minorité Rohingya.

Radhika Coomaraswamy, ancienne Représentante Spéciale du Secrétaire-Général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, a déclaré : « Les récits de violence sexuelle que j’ai recueillis des victimes font partie des plus horribles que j’ai entendu dans ma longue expérience sur la question dans de nombreuses situations de crise. On pouvait lire le trauma dans les yeux des femmes que j’ai interrogées ».

Le troisième expert de la mission, l’australien Christopher Sidoti, a insisté sur le fait que les réfugiés Rohingya doivent pouvoir retourner chez eux, de manière volontaire et en toute sécurité. Il a évoqué à cette fin la possibilité d’affecter dans l’état d’Arakan des observateurs internationaux dans le domaine des droits de l’homme.

La mission internationale indépendante d’établissement des faits a été établie par le Conseil des Droits de l’Homme en Mars 2017, par le biais de la résolution A/HRC/RES/34/22. Le gouvernement birman s’en était immédiatement dissocié et a depuis déclaré que tout accès au pays serait refusé à la mission. Pourtant, les différents organes d’enquêtes domestiques établis par la Birmanie se sont révélés partiaux et incapables de soumettre les auteurs d’exactions à la justice ainsi que d’offrir réparation aux victimes. La mission internationale indépendante d’établissement des faits est donc indispensable afin « d’établir les faits et les circonstances concernant les allégations de récentes violations des droits de l’homme par des membres de l’armée et des forces de sécurité, et d’atteintes à ces droits, au Myanmar et, en particulier, dans l’Etat de Rakhine ».

Bien que n’ayant pas accès au pays, la mission mène son enquête depuis l’étranger et a ouvert un appel public à soumettre des informations relatives aux atteintes aux droits de l’homme commises en Birmanie depuis 2011.

[1] UN OHCHR, Mission report of OHCHR rapid response mission to Cox’s Bazar, Bangladesh 13-24 September 2017 (11 October 2017),  http://www.ohchr.org/Documents/Countries/MM/CXBMissionSummaryFindingsOctober2017.pdf

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Contact presse

Camille CUISSET
Coordinatrice d’Info Birmanie
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