Non à la destruction de lieux de culte et d’habitations rohingyas

Le gouvernement régional de l’État d’Arakan a annoncé la semaine dernière son projet de destruction de plus de 3000 constructions prétendues illégales qui se situent dans 2 communes à majorité musulmane. Les autorités vont procéder à la vérification des bâtiments afin de déterminer s’ils ont été construits de manière illégale.

La minorité musulmane des rohingyas est une fois de plus visée. Le plan prévoit la destruction de mosquées, d’écoles coraniques et d’habitations rohingyas. Alors que leurs libertés fondamentales se voient déjà restreintes, la minorité des 2 communes concernées se retrouveraient sans toit, se verraient privés de l’accès à l’éducation religieuse et perdraient leur lieu de prière.

mosque-in-Rakhine

Depuis l’établissement de la force de sécurité des frontières NaSaKa dans le nord de l’Arakan en 1992, aucune construction ne peut être réalisée sans permission des autorités. La destruction des mosquées et des écoles religieuses musulmanes est un phénomène régulier en Arakan.

Ce projet de démolition est annoncé alors qu’Aung San Suu Kyi a prononcé la semaine dernière son premier discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU. La Conseillère d’État promettait de promouvoir les droits de l’Homme et de « s’opposer fermement aux préjugés et à l’intolérance ». Sans aborder directement les droits des Rohingyas, elle s’est engagée à soutenir le comité crée à ce sujet par le gouvernement. Il est grand temps de traduire ces paroles par des actes.

Info Birmanie soutient la déclaration commune des 11 organisations rohingyas internationales, condamnant ce projet de démolition planifié par le gouvernement de l’État d’Arakan prétextant des constructions illégales. Ce plan s’insère dans un programme de birmanisation mis en place sous la junte qui consiste à gommer les différences ethniques et religieuses.

L’existence présumée de constructions illégales est infondée et politiquement motivée. En effet, ces constructions n’auraient pu être possible sans l’accord des autorités concernées.

Les organisations signataires du communiqué rappellent qu’il est important que la communauté internationale prenne des mesures de protection des musulmans rohingyas d’Arakan pendant qu’il en est encore temps, conformément à la Charte des Nations Unies. Elles requièrent donc de la communauté internationale, des Nations Unies, de l’Organisation de Coopération Islamique, de l’Union Européenne, de l’ASEAN, des États-Unis et du Royaume-Uni de faire pression sur le gouvernement de la Ligue Nationale pour la Démocratie afin de :

  1. Mettre immédiatement un terme au projet de démolition de mosquées, écoles religieuses et des constructions et structures rohingyas dans l’État d’Arakan
  2. Assurer la liberté de religion et de culte, de protéger les sites religieux et de restaurer dès maintenant les libertés fondamentales, comprenant les libertés de mouvement, l’accès au mariage, à l’éducation, à la santé et à une vie paisible, ainsi que la levée de toutes les restrictions d’aide humanitaire dans l’État d’Arakan.
  3. Mettre fin aux persécutions et à la ghettoisation, et réhabiliter et réintégrer immédiatement les déplacés internes dans leurs lieux d’origine.

La communauté internationale doit soutenir une commission d’enquête des Nations Unies sur les crimes commis contre les rohingyas et autres birmans dont les conclusions seraient annoncées publiquement, et permettraient la traduction en justice des auteurs de ces crimes.