Des civils tués et torturés par l’armée birmane dans l’état Shan – Partie 1

La Shan Human Rights Fondation a publié le 26 mars son rapport sur les violences et les meurtres de l’armée birmane à l’égard des civils de l’état Shan. Récits. 

Barrage de Yeywa, état Shan – Le 18 mars 2018, deux hommes, Sai Ba et Sai Daw Na quittent le village de Wan Shwe Kyawg pour se rendre à Nawg Bing. Ce trajet leur a coûté la vie.

Alors que Sai Ba pilote la moto, Sai Daw Na se trouve à l’arrière du véhicule. Deux de leurs amis les suivent de près sur un second véhicule.

Il est 05h30 quand la première moto passe devant une voiture des troupes de l’armée birmane, garé au bord de la route. Les militaires tirent. Sans raisons. Sai Ba et Sai Daw Na sont touchés. Ils chutent du véhicule et meurent sur le coup.

Témoins de la scène, leurs amis sautent de leur bécane et s’enfuient aussi vite que possible. Quant aux soldats, ils s’emparent des motocycles laissant les corps au bord de la route.

Deux fermiers qui se trouvent non loin de là reconnaissent le véhicule de l’armée birmane et préviennent le chef du village de Shwe Kyaung. Une quinzaine de villageois se rendent alors sur le lieu du drame pour enterrer les corps. Il est 14h30. Cependant, personne n’ose se confronter à l’armée birmane pour faire état des meurtres arrivés dans la matinée.

Sai Ba était âgé de 43 ans. Il était marié et père de deux filles.

Sai Daw Na était âgé de 29 ans et marié à Nang Mya Oo Sar.

L’armée birmane est présente dans l’état Shan pour assurer la sécurité autour du barrage de Yeywa. Ce dernier est construit sur la rivière Namtu par des compagnes suisses, allemandes, japonaises et chinoises. En mai 2016, le projet avait reçu une forte opposition de la part des communautés locales. L’armée avait alors lancé une offensive de nettoyage envers le Shan State Progress Party et la Shan State Army (SSPP / SSA) en dépit de l’existence d’un accord de cessez-le-feu entre les deux armées. L’armée birmane avait tué, torturé et utilisé les villageois comme bouclier humain durant les attaques.

Depuis, une trentaine de troupes sont stationnées près du barrage pour assurer la sécurité des travailleurs.

P.A.

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