Les ONGs appellent le gouvernement birman à protéger les minorités religieuses

Info Birmanie, se joint à une dizaine d’organisations travaillant pour les droits de l’homme en Birmanie pour appeler le gouvernement de la Birmanie à prendre des mesures urgentes pour protéger les minorités religieuses vulnérables dans le pays, après deux récentes attaques violentes contre les musulmans.

Le 1er juillet, une mosquée a été détruite par une foule à Hpakant, canton de l’État de Kachin. Le 23 juin, une foule a détruit une autre mosquée, une école et des maisons dans un village du canton de Waw, de la région de Bago dans le centre de la Birmanie. Selon les rapports, les forces de sécurité ont échoué à anticiper et contenir ces attaques, et le gouvernement n’a pas su répondre aux appels des organisations de la société civile lui demandant de condamner les responsables  de ces violences.

Ces deux attaques sont les plus récentes d’une campagne de haine antimusulmane dirigée par des militants nationalistes bouddhistes au cours de ces quatre dernières années. Campagne qui a inclue des attaques violentes, des discours de haine et l’introduction d’une législation discriminatoire qui restreint les conversions religieuses et le mariage inter-religieux.

APTOPIX-Indonesia-Rohingya-Boat-People2015940-940x580En Novembre 2015, suite à l’élection massivement remportée par son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), la conseillère d’État Aung San Suu Kyi a déclaré à la BBC que la haine n’avait pas sa place dans le pays et que son gouvernement protégerait les minorités et traduirait en justice toute personne coupable d’incitation à la haine ou à la violence. Selon les rapports, il s’avère cependant que trois membres de la LND ont pris parts à l’attaque de la région de Bago.

Les organisations des droits de l’Homme ont demandé à Aung San Suu Kyi et au nouveau gouvernement birman de s’assurer que les auteurs de ces deux attaques soient traduits en justice et que la police soit formée à la prévention de nouvelles attaques. Elles demandent également au gouvernement d’adopter les principes et propositions non législatives énoncées par le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté de Religion ou Croyance dans son rapport de 2013 sur ​​les discours de haine (1) et le plan d’action de Rabat (2) . La Birmanie devrait également inviter au plus vite le nouveau Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté de Religion ou Croyance à venir visiter le pays.

Cécile Harl, Coordinatrice d’Info Birmanie, a déclaré: « Nous sommes profondément choqués par ces deux incidents et sommes très inquiets que les autorités aient été incapables de répondre efficacement à ces actes de violence graves. Nous appelons le gouvernement birman à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir de futures violences, mettre fin au climat d’impunité qui règne et protéger la liberté de religion et de croyance pour tous. Le gouvernement devrait se prononcer ouvertement contre les discours de haine, poursuivre les responsables de l’incitation et de la perpétration de cette violence et soutenir des initiatives visant à promouvoir la réconciliation, le dialogue et l’harmonie inter-religieuse. Si cette haine et cette violence continuent, elles mettront en péril les avancées démocratiques que la Birmanie est en train de connaître et nous iront au-devant d’une situation très dangereuse. La communauté internationale doit comprendre la potentielle gravité de la situation et faire pression sur le gouvernement birman pour qu’il agisse ».

  1. Organisations signataires :
    • Burma Campaign UK
    • Burma Action Ireland
    • The Swedish Burma Committee
    • Info Birmanie (France)
    • Burma Partnership
    • ALTSEAN-Burma (ASEAN)
    • The Society for Threatened Peoples
    • The Burmese Rohingya Organisation UK
    • The European Rohingya Council
    • The Rohingya Committee in Ireland
    • The Burmese Muslim Association (UK – Burma)
  1. Le Plan d’action de Rabat sur ​​l’interdiction de la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence a été adoptée par des experts, comprenant le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté d’Expression et d’Opinion et le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté de Religion ou Croyance à Rabat en Octobre 2012 .

 Contacts presse : cecile@info-birmanie.org / 06 79 74 19 34