Samedi 7 décembre 2019 : « Femmes birmanes : regards croisés »

Samedi 7 décembre 2019 : « Femmes birmanes : regards croisés »

Exposition Photo et Projection-Débat

Info Birmanie et la photographe Catherine Griss vous donnent rendez-vous le samedi 7 décembre 2019 aux Grands Voisins à Paris. L’événement « Femmes birmanes : regards croisés » vous propose d’échanger sur les mutations et permanences que connaît le pays, à travers des portraits et des témoignages de femmes birmanes.
Au programme de cette journée : 
– 12H-19h00 / Finissage de l’exposition photo de Catherine Griss, avec sa série « Yangon Entretemps » présentée dans son atelier du 15/11 au 08/12 : Déambulation dans une ville en mutation, à travers les portraits de jeunes femmes écartelées entre deux mondes.
>> COUR ROBIN, PORTE 2
– à partir de 18H30 /  Projection-débat autour du film documentaire « Mère, Fille, Soeur » de Jeanne Hallacy (VOSTF 30) : Des femmes Rohingya et Kachin témoignent de leur combat contre les violences sexuelles dans les conflits.  
>> COUR ROBIN, PORTE 4
– 12h-19h00 / Stand Info Birmanie : échanges avec l’équipe de l’association (qui rentrera tout juste de Birmanie), dégustation de saveurs traditionnelles et vente solidaire d’artisanat birman issu du commerce équitable
>> COUR ROBIN, PORTE 2

Cet événement aura lieu durant le Marché des Créateurs des Grands Voisins, qui se tient du samedi 7 au dimanche 8 décembre 2019.

Venez échanger avec nous autour de l’exposition et de la projection!

Page Facebook de l’événement « Femmes birmanes : regards croisés »

Accès : Les Grands Voisins, 74 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris
→ Métro : Denfert Rochereau – lignes 4 et 6
→ RER : Port Royal ou Denfert Rochereau – ligne B
→ Bus : arrêt Saint-Vincent-de-Paul – 38 et N1
→ Station Vélib la plus proche : n°14112 – Méchain – Faubourg Saint-Jacques / n°5029 – Port Royal

Plus d’informations / Contact :
Sophie Brondel, coordinatrice d’Info Birmanie sophie@info-birmanie.org

 

Génocide des Rohingya : L’Etat birman renvoyé devant la Cour Internationale de Justice par la Gambie

Génocide des Rohingya : L’Etat birman renvoyé devant la Cour Internationale de Justice par la Gambie

CP 12 novembre 2019 – La  Gambie vient de renvoyer l’Etat birman devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) pour le génocide des Rohingya. Cette initiative, lancée le 11 novembre et portée par l’Organisation de la Coopération Islamique, était attendue depuis des mois. Cette procédure vise à mettre en cause la responsabilité de la Birmanie en tant qu’Etat pour avoir échoué à prévenir et à réprimer le génocide des Rohingya au titre de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression de ce crime.

La CIJ, basée à La Haye, est une juridiction qui règle les différends entre Etats. Elle a eu, par le passé, à connaître d’une procédure initiée par la Bosnie-Herzégovine à l’encontre de la Serbie au titre la Convention de 1948. En fonction des suites qui seront données à la procédure, la CIJ pourrait enjoindre à la Birmanie d’adopter des mesures provisoires pour faire cesser les violations à ses obligations, dont les Rohinyga continuent d’être les victimes. La Gambie le lui demande d’urgence.

Le 16 septembre, les enquêteurs de l’ONU ont caractérisé l’intention génocidaire de l’Etat Birman au titre de la Convention de 1948 dans leur dernier rapport présenté devant le Conseil des droits de l’Homme. Ils ont aussi alerté la communauté internationale sur le fait que les Rohingya demeurant en Birmanie y restent exposés à la menace d’un génocide. Il est plus que temps d’agir et de faire rendre des comptes à la Birmanie, dans le cadre d’une procédure qui ne se satisfera pas de son déni caractérisé.

Le Ministre de la Justice de Gambie, Aboubacar Tambadou, rappelle que « le génocide concerne l’humanité toute entière » et que cette procédure devant la CIJ vise à mettre en exergue « la responsabilité de la Birmanie vis-à-vis de son propre peuple ».  Ancien procureur au Tribunal Pénal International Pour le Rwanda (TPIR), il déplore la même faillite de la communauté internationale face au génocide qui se préparait au Rwanda et face au génocide des Rohingya, en germe depuis des années.

Comme le souligne l’ONG Fortify Rights dans un communiqué du 11 novembre, les Etats membres de l’ONU doivent désormais apporter leur soutien à l’initiative gambienne. Son directeur exécutif, Matthew Smith, note que l’initiative de la Gambie est remarquable et que ce pays n’aurait pas dû se retrouver seul à agir. Car tous les Etats membres de l’ONU ont l’obligation, par application du droit international coutumier, de prévenir et de réprimer le crime de génocide. Ils devraient donc apporter leur soutien à cette procédure devant la CIJ. Les Etats qui ont ratifié la Convention de 1948 peuvent par ailleurs intervenir à la procédure en soumettant des interprétations de ce texte s’agissant de la situation des Rohingya.

Soulignons que le Canada – qui s’honore à appeler publiquement le Conseil de sécurité de l’ONU à saisir la Cour Pénale Internationale pour faire juger pénalement les principaux responsables des crimes en question – vient de saluer l’initiative gambienne et de lui signifier son entier soutien.

La France – qui s’était illustrée en 2017 par la voix de son Président qualifiant de «génocide » le nettoyage ethnique subi par les Rohingya – devrait apporter un soutien public à l’initiative gambienne et l’appuyer par tous les moyens possibles (diplomatiques, matériels et juridiques). Il en va de la défense des valeurs portées par cette initiative.

Contact : Sophie Brondel 07 62 80 61 33 sophie@info-birmanie.org

 

Accaparement des terres : reportage dans la région de Bago

Accaparement des terres : reportage dans la région de Bago

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L’arrivée au pouvoir de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) en 2015 n’a pas mis fin à la pratique massive des confiscations de terre qui frappe la population birmane depuis des décennies, pour le plus grand bénéfice de toute une myriade d’acteurs politiques et économiques, au premier rang desquels l’armée.
Un rapport édifiant publié le 21 octobre par Displacement Solutions («Land Grabbing as an internationally wrongful act : a legal roadmap for ending land grabbing and housing, land ans property rights abuses, crimes and impunity in Myanmar») montre que la question de la terre en Birmanie demeure une source majeure de conflits et d’inquiétudes, qui tend à s’aggraver.
Il souligne également que les élites du pays tentent de légitimer les confiscations menées par la venue d’investisseurs étrangers dans le cadre de la «loi». Mais qu’en réalité, on trouve d’un côté l’enrichissement illicite, le vol et la corruption et de l’autre le déplacement, l’appauvrissement et la destruction de l’environnement. On parle ici de millions d’hectares confisqués.
Les « droits au logement, à la terre et à la propriété » sont en état de menace et d’insécurité permanente pour la grande majorité des 54 millions de birmans. Dans les cas les plus extrêmes, les confiscations de terre relèvent des crimes les plus graves en droit international. Les minorités ethniques (Rohingya, Shan, Karen, Kachin et plusieurs autres minorités) sont particulièrement exposées. Plus largement, entre 30 et 50 % de la population rurale du pays ne dispose pas de droits formels sur la terre.
Adeline Crausaz, correspondante bénévole pour Info Birmanie, part à la rencontre de villageois de la région de Bago, livrés à eux-mêmes et le plus souvent invisibles. Leur vécu illustre ce que des millions endurent à travers le pays, sans pouvoir se tourner vers une quelconque instance chargée de rendre justice.
31 octobre 2019

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Lettre ouverte à Hikmet Ersek, PDG de Western Union

Lettre ouverte à Hikmet Ersek, PDG de Western Union

Info Birmanie s’associe à cette initiative de International Campaign for the Rohingya (ICR), basée aux Etats-Unis

31 octobre 2019 – 33 organisations de la société civile demandent à Western Union de mettre un terme à sa relation d’affaires avec l’armée birmane, mise en cause par les enquêteurs de l’ONU pour génocide, crimes contre l’Humanité et crimes de guerre.

Western Union est en relation d’affaires avec une banque détenue par l’armée birmane, que celle-ci utilise comme l’un de ses agents à travers le pays. La Banque Myawaddy est en effet une filiale de la Union of Myanmar Economic Holdings Ltd (UMEHL), un puissant conglomérat d’affaires des militaires. Les profits de cette banque bénéficient à l’armée.

La Mission d’établissement des faits de l’ONU sur la Birmanie a appelé la communauté internationale « à couper tout lien avec l’armée birmane et le vaste réseau d’entreprises qu’elle contrôle et sur lequel elle s’appuie », car « toute activité d’une entreprise étrangère impliquant l’armée et ses deux conglomérats (UMEHL et MEC le risque) l’expose à un haut risque de contribuer ou d’être en lien avec des violations du droit international des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ». « A minima, ces entreprises étrangères alimentent la capacité financière de l’armée.»

Western Union est en relation d’affaires avec une armée responsable du viol de milliers de femmes, tandis que les meurtres se comptent par milliers. Il existe pourtant de nombreuses entreprises sans aucun lien avec l’armée et qui incarnent une alternative pour les activités de Western Union en Birmanie. Rien ne peut justifier d’alimenter les caisses d’une armée réputée pour sa brutalité.

Nous louons le fait que le PDG de Western Union ait pris position en faveur des réfugiés. Mais en s’alliant avec une armée qui a contraint plus de 700 000 Rohingya à prendre le chemin de l’exil au Bangladesh, Western Union risque de ternir sa réputation et celle de ses plus hauts responsables.

Nous exhortons Western Union à mettre un terme à son partenariat avec la banque Myawaddy. Nous lui demandons également de s’engager à ne pas entrer en relation d’affaires avec la moindre entreprise détenue ou liée à l’armée et d’exercer la vigilance requise pour s’assurer qu’elle ne sera plus jamais engagée dans une telle relation.

Contact : Sophie Brondel, coordinatrice d’Info Birmanie 07 62 80 61 33 sophie@info-birmanie.org

Version originale de la lettre ouverte

Contacts presse de la lettre ouverte : 

Tun Khin, Président, Burmese Rohingya Organisation UK (BROUK)
Mobile (UK): +44 (0)7888714866 tunkhin80@gmail.com 
www.brouk.org

Mark Farmaner, Directeur, Burma Campaign UK
Mobile (UK): +44 (0794) 1239640 Twitter: @MarkFarmaner
mark.farmaner@burmacampaign.org.uk www.burmacampaign.org.uk

Simon Billenness, Directeur exécutif, International Campaign for the Rohingya, Campaign Director, No Business With Genocide
Mobile (US): 617-596-6158 Twitter: @Rohingya_ICR simon.billenness@rohingyacampaign.org www.rohingyacampaign.org

Signataires :

Action Committee for Democracy Development
ALTSEAN-Burma
Association of Human Rights Defenders and Promoters- HRDP
Association Suisse Birmanie (Swiss Burma Association)
Burma Campaign UK
Burma Task Force
Burmese Rohingya Organisation UK (BROUK)
CodePink
Collectif HAMEB
Dana Investment Advisors
Free Burma Campaign (South Africa)
Friends Fiduciary Corporation
Fund Our Future
Global Witness
Independent Old Catholic Church, Office of Ecumenical, Interfaith, and Global Engagement
Info Birmanie
Institute on Statelessness and Inclusion
International Campaign for the Rohingya
International Center for Rights and Justice
International Interfaith Peace Corps
Investors Against Genocide
Justice For All
Karen Organization of America
Never Again Coalition
No Business With Genocide
Odhikar
Partners Relief and Development UK
Pax Christi Metro New York
Progressive Voice
SharePower Responsible Investing
Swedish Burma Committee
Unitarian Universalist Service Committee
US Campaign for Burma
Nord de l’état Shan : EDF doit se retirer de Shweli 3 / Stop aux projets de barrage dans les zones de conflit

Nord de l’état Shan : EDF doit se retirer de Shweli 3 / Stop aux projets de barrage dans les zones de conflit

Alors qu’Amnesty international publie un nouveau rapport sur l’ampleur des violations des droits humains subies par les populations civiles dans le cadre des conflits actifs en cours dans le nord de l’état Shan, Info Birmanie relaie la campagne qui vient d’être lancée par Burma Campaign UK.

Celle-ci demande à EDF de se retirer du projet de barrage Shweli 3 et de s’engager à ne pas participer à des projets de barrage dans les zones de conflit en Birmanie, tant qu’il n’y aura pas de cessez-le-feu effectif et de négociations politiques garantissant qu’ils n’entraînent pas davantage de conflits et de violations des droits humains.

Voici la campagne de UK Burma Campaign :

« Le barrage Shweli 3 est situé dans le nord de l’état Shan, dans une zone sous le contrôle de différentes organisations ethniques armées. Une fois les travaux préparatoires lancés, des bataillons de l’armée birmane sont arrivés dans la région et ont déclenché des conflits qui ont forcé des centaines de civils à fuir leur domicile. Le projet Shweli 3 s’approche désormais de la phase de développement et de construction, ce qui fait craindre davantage de conflits et d’abus.

La « Ta’ang Students and Youth Union » (TSYU) affirme que « la mise en œuvre du barrage Shweli 3 va mettre en danger les vies de la population locale, prolonger la guerre et compromettre tout processus de paix. » Des douzaines d’organisations de la société civile ont appelé à un moratoire sur les barrages et les projets de développement d’envergure dans les états ethniques dans le contexte actuel, en raison des liens qui existent entre ces projets et les conflits / les violations des droits humains.

Burma Campaign UK avait déjà inscrit EDF (le 20 août 2019) sur sa « Dirty List » d’entreprises internationales liées à l’armée ou à des violations des droits humains/dégâts environnementaux en Birmanie. EDF n’a pas répondu aux courriers de Burma Campaign UK. « EDF ne tient pas compte des préoccupations et des souhaits exprimés par la population locale et poursuit son implication dans ce projet, en sachant qu’il alimentera le conflit et les violations des droits de l’Homme » affirme Mark Farmaner, Directeur de Burma Campaign UK. « EDF doit s’engager à ne pas investir dans les zones de conflits en Birmanie ».»

Pour relayer cette campagne, vous pouvez interpeller directement EDF en signant la pétition en ligne lancée par UK Burma Campaign : https://action.burmacampaign.org.uk/edf-life-threatening-dam-burma

Quelques compléments d’information :

En décembre 2015, EDF a signé un protocole d’accord relatif au projet Shweli 3 avec le gouvernement birman. Il implique un consortium composé d’EDF, d’une société japonaise (Marubeni) et d’une société birmane (Ayeyar Hinthar), dans le cadre d’un partenariat public-privé. En septembre 2018, le Ministère birman de l’Energie et de l’Electricité a signé une « Notice to Proceed » désignant ce consortium, chargé du développement de ce futur barrage Shweli 3. Interrogé en septembre 2018 par Frontier Myanmar sur le fait que le projet se situe en zone de conflit actif, le directeur d’EDF pour l’Asie avait alors déclaré « s’en remettre aux autorités de l’Etat birman pour commenter la situation politique de la région et ajouté que la sécurité de ses employés et partenaires était la priorité numéro 1 » de EDF. Questionné sur le déplacement possible de milliers de villageois dans le cadre du projet et sur leur éventuelle protestation, il avait souligné qu’EDF avait de « très hauts standards » et « portait une attention particulière à la réduction des impacts sociaux et environnementaux ». Ajoutant qu’EDF « attendait de partager son expérience en la matière avec le Gouvernement birman, qui sera chargé du dialogue avec les acteurs locaux et en sera responsable ».

Dans son récent rapport consacré aux intérêts économiques des militaires, la Mission d’établissement des faits de  l’ONU demande à tous les investisseurs et à toutes les entreprises étrangères dans les zones de conflit en Birmanie, notamment dans l’état Shan, de respecter les « Principes Directeurs de l’ONU sur les entreprises et les droits humains ». Les entreprises et les investisseurs étrangers ne peuvent pas faire abstraction des spécificités du contexte birman : poids politique et économique de l’armée, violations massives des droits humains en toute impunité, prévalence de conflits actifs.

24 Octobre 2019

Contact : Sophie Brondel 07 62 80 61 33 sophie@info-birmanie.org